Une ligne téléphonique temporaire pour recevoir les plaintes d’agressions sexuelles

MONTRÉAL — Dans la foulée du mouvement de dénonciation #moiaussi, le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a décidé de mettre en place une ligne téléphonique temporaire pour recevoir les plaintes relatives au harcèlement sexuel.

En entrevue à La Presse canadienne, le directeur du SPVM, Philippe Pichet, explique que lorsque des événements sont très médiatisés, comme ce fut le cas ces derniers jours avec les affaires Salvail puis Rozon, une hausse des plaintes traitant d’infractions à caractère sexuel est observée.

Le SPVM a donc voulu offrir «des moyens plus faciles ou alternatifs» pour dénoncer ce type d’agressions.

Une équipe d’une trentaine d’enquêteurs spécialisés en agression sexuelle reçoivent les appels.

Selon les données fournies par le SPVM, 43 appels ont été reçus dans la journée de jeudi seulement. En matinée vendredi, 10 appels ont été logés.

Ces appels ne découleront pas tous en des plaintes formelles, précise M. Pichet, soulignant que certaines personnes souhaitent simplement recevoir de l’information. Il mentionne toutefois que «quelques dossiers» ont été ouverts.

Le directeur du SPVM demande d’ailleurs aux victimes de s’adresser à un corps de police, plutôt que de dénoncer les agresseurs sur les médias sociaux.

«Faire le procès de gens sur la place publique, ce n’est pas ce qu’on conseille, rappelle-t-il. Lorsque des gestes sont dénoncés au service de police, nous on fait l’enquête et si des accusations doivent être portées, elles le seront.»

Toute personne désirant dénoncer une agression sexuelle peut contacter un enquêteur spécialisé au 514-280-2079. La ligne est en service du lundi au vendredi de 7h à 22h.

M. Pichet indique que cette ligne restera ouverte tant que le volume de plaintes demeurera plus élevé.

Le SPVM précise que les victimes d’agression sexuelle peuvent également se rendre dans un poste de quartier ou composer le 911 pour porter plainte.