Une loi fédérale qui encourage la diversité à la haute direction des entreprises

OTTAWA — Le gouvernement libéral de Justin Trudeau soutient qu’il a fait ce qu’il a pu pour favoriser la diversité dans les postes de direction des sociétés cotées en Bourse, et que c’est maintenant aux dirigeants d’entreprises de porter le flambeau.

Le ministre du Développement économique, Navdeep Bains, a lancé cette invitation mardi dans une entrevue accordée au moment où entrait en vigueur une nouvelle loi qui modifie notamment la Loi canadienne sur les sociétés par actions.

Cette nouvelle loi exigera entre autres choses que certaines sociétés informent leurs actionnaires sur la présence de femmes et de membres des minorités visibles, notamment, au sein du conseil d’administration et de la haute direction. Ces entreprises devront aussi publier leur politique en matière de diversité et rendre des comptes à leurs actionnaires.

La Loi canadienne sur les sociétés par actions touche près de 270 000 entreprises, mais les modifications adoptées mardi ne visent que les sociétés qui émettent des actions et qui sont régies par une commission des valeurs mobilières — incluant les quelque 600 entreprises inscrites à la Bourse de Toronto.

Les conservateurs, qui avaient amorcé des consultations en ce sens alors qu’ils étaient au pouvoir, ont approuvé le projet de loi, déposé par les libéraux en septembre 2016.

Le ministre Bains souhaiterait que le Canada devienne à ce chapitre un modèle dans le monde. Mais maintenant que ce principe de diversité est inscrit dans la loi, il espère que les chefs d’entreprises prendront le relais et matérialiseront ces nobles objectifs. Le ministre admet toutefois qu’il y a loin de la coupe aux lèvres.

«J’ai fait partie de tellement de conseils d’administration où j’étais « la seule minorité ». Et j’ai fait partie de bien trop de conseils d’administration où il n’y avait que des hommes, a rappelé M. Bains, mardi. Il faut que ça change.»

Le ministre rejette par ailleurs l’argument selon lequel il faudrait retenir des candidats moins qualifiés pour atteindre la diversité. «On doit changer les mentalités, et s’assurer que des personnes de qualité — il y en a — puissent apporter une contribution significative» dans les postes de direction.