Une majorité de Canadiens appuie le plus large accès à l’aide médicale à mourir

OTTAWA — Un nouveau sondage suggère que les Canadiens appuient massivement un accès plus large à l’aide médicale à mourir.

Les résultats de l’enquête Ipsos, menée pour l’organisme «Dying With Dignity Canada», sont publiés au moment où le gouvernement fédéral s’apprête à modifier la loi pour supprimer une disposition qui stipule que seuls ceux qui sont sur le point de mourir ont le droit de recevoir des soins médicaux pour mettre fin à leurs jours.

La Cour supérieure du Québec a invalidé ce critère de mort «devenue raisonnablement prévisible» le 11 septembre dernier, dans la cause Truchon et Gladu. La juge Christine Baudouin a accordé au gouvernement six mois — jusqu’au 11 mars — pour modifier sa loi. Ottawa a ensuite refusé d’en appeler de ce jugement.

Le gouvernement a mené des consultations publiques sur les changements à la fin du mois dernier avec une enquête en ligne. On demandait notamment aux Canadiens si de nouveaux obstacles devaient être imposés pour prévenir les dérapages et protéger les personnes vulnérables contre des pressions pour qu’elles mettent fin à leurs jours. Mais l’enquête demandait également si la loi devrait être élargie afin de permettre aux personnes qui craignent de perdre leurs capacités mentales de faire une demande anticipée d’aide médicale à mourir, pendant qu’elles sont encore saines d’esprit.

Le sondage en ligne a été mené par Ipsos auprès de 3500 Canadiens du 21 au 27 janvier, une période qui chevauchait les propres consultations du gouvernement. Il n’est pas possible d’allouer une marge d’erreur aux sondages sur Internet, car ils ne sont pas considérés comme des échantillons aléatoires. «Dying with Dignity Canada» est un organisme national sans but lucratif qui défend le droit de mourir dans la dignité.

Un peu plus de 70 % des personnes interrogées se sont prononcées en faveur de la suppression de l’exigence de «mort raisonnablement prévisible» pour bénéficier de l’aide médicale à mourir — comme le tribunal québécois l’a ordonné et comme le gouvernement fédéral s’est engagé à le faire.

Au total, 82 % des personnes interrogées ont déclaré que les personnes diagnostiquées avec des conditions médicales graves et irrémédiables, y compris la démence, devraient être autorisées à faire une demande anticipée. Par ailleurs, 75 % des participants étaient en faveur de permettre à une personne sans diagnostic d’une condition médicale irrémédiable de faire une demande anticipée, qui devrait être respectée lorsque certaines conditions préétablies sont remplies.

Et 85 % des participants ont déclaré que la demande d’aide médicale à mourir d’une personne devrait être respectée lorsque cette demande a déjà été approuvée et que la personne a perdu la capacité mentale de donner son consentement immédiatement juste avant la procédure finale.

Le sondage suggère un fort soutien dans toutes les régions, tous les groupes d’âge et toutes les tendances politiques pour élargir l’accès à l’aide médicale à mourir. Parmi les répondants souffrant de troubles physiques ou mentaux chroniques ou d’un handicap, 84 % étaient favorables aux demandes anticipées. Parmi ceux qui se sont identifiés comme des professionnels de la santé, 82 % ont appuyé les demandes anticipées pour les personnes en perte de capacités cognitives, comme la démence.

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