Une majorité de Québécois croit que la première vague est terminée

MONTRÉAL — Les Québécois sont les plus susceptibles de croire que la première vague de la pandémie de COVID-19 est terminée, même si la province compte le plus grand nombre de cas au pays, selon un sondage réalisé en ligne.

Le sondage réalisé par Léger et l’Association d’études canadiennes (AEC) indique que 54 % des répondants québécois croient à la fin de la première vague, comparativement à 47 % en Colombie-Britannique, 41 % en Ontario et 39 % dans les Maritimes.

Une majorité de Québécois (67 %) entrevoient l’arrivée d’une deuxième vague, mais s’ils sont moins nombreux qu’en Ontario (78 %) et dans les Maritimes (80 %).

Jeudi, la province a signalé 42 décès supplémentaires liés à la COVID-19, ce qui porte le bilan à 5340. On a aussi recensé 120 nouveaux cas pour un total de 54 383 depuis le début de la pandémie. Le nombre de guérisons s’élève à 22 754.

Selon le pdg de l’AEC, Jack Jedwab, les sondages ont révélé que les Québécois, plus particulièrement les francophones, étaient les moins anxieux à l’égard du coronavirus.

«Le pourcentage de ceux qui s’inquiètent de contracter le virus est plus faible ici, malgré, paradoxalement, le nombre très élevé de cas et les taux de mortalité plus élevés en moyenne que partout ailleurs dans le pays», a déclaré M. Jedwab lors d’un entretien téléphonique.

Les Québécois sont aussi ceux qui, en plus grand nombre, croient que leur santé mentale est «excellente» ou «très bonne», selon les résultats du sondage.

M. Jedwab avance que le message positif mis de l’avant par le gouvernement québécois — associé à la campagne des arcs-en-ciel et au slogan «ça va bien aller», peut avoir joué un rôle dans cette perception.

Il a aussi rappelé que le premier ministre François Legault, dont la cote de popularité reste élevée parmi l’électorat, répète qu’environ 80 % des décès sont survenus dans des établissements de soins de longue durée ou des résidences pour personnes âgées, ce qui pourrait mener le reste de la population à croire qu’elle est moins menacée.

«Les Québécois ne croient pas qu’ils vont attraper le virus, et cela a beaucoup à voir avec les messages», a souligné M. Jedwab.

Il a ajouté que les données ne permettaient pas de croire que cet optimisme avait engendré une plus grande insouciance envers les directives de la santé publique.

Le Dr Brett Thombs, professeur à la Faculté de médecine de l’Université McGill qui dirige une étude sur les données probantes mesurant l’impact de la COVID-19 sur la santé mentale, met en garde contre des conclusions générales fondées sur le sondage.

Selon lui, il est très difficile de comparer différentes régions en ce qui concerne l’anxiété liée à la COVID-19, car de nombreuses disparités peuvent avoir existé avant le début de la pandémie.

«Nous devons être très prudents lorsque nous attribuons cela à la façon dont ils ont réagi à la COVID-19, par rapport à ce qu’ils ressentaient dans un premier temps», a signalé le Dr Thombs.

Il a fait état d’un sondage mené auprès de patients vulnérables dans quatre pays indiquant que l’inquiétude était moins élevée au Canada et en France qu’aux États-Unis et au Royaume-Uni. Il a attribué en partie ce phénomène à la «réaction politique hautement cohérente» dans les pays qui s’en sortent mieux.

En général, les gouvernements fédéral et provinciaux ont transmis un «message constant» et présenté un front relativement uni, ce qui peut avoir rassuré les citoyens. Toutefois, il n’existe aucune preuve scientifique révélant que les gens dans différentes régions du Canada ont des niveaux d’anxiété ou des problèmes de santé mentale radicalement différents en ce qui concerne le nouveau coronavirus.

L’enquête en ligne a été réalisée du 12 au 14 juin auprès de 1527 Canadiens et 1004 Américains. Conformément aux normes du secteur, les sondages en ligne ne peuvent se voir attribuer une marge d’erreur.

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