Une marche pour le «vivant» organisée à Montréal en marge de la COP15 samedi

MONTRÉAL — Alors que les milliers de délégués réunis à la COP15 au Palais des congrès poursuivaient leurs négociations, une grande marche pour le «vivant» a parcouru les rues de Montréal samedi afin de «scander haut et fort les attentes de la population envers les gouvernements du monde» qui participent à cette conférence des Nations unies sur la biodiversité.

Menée par des délégations autochtones, la Grande marche pour le vivant s’est amorcée vers 13h et s’est étendue du monument à sir George-Étienne Cartier jusqu’au coin des avenues du Parc et des Pins.

L’événement était organisé par le Collectif de la société civile québécoise pour la COP15, qui regroupe 67 organisations, ses alliés, ainsi que des délégations autochtones du monde entier. Il visait entre autres à envoyer un «puissant signal» aux pays qui négocient le prochain Cadre mondial pour la diversité, un accord international de premier ordre qui structurera les efforts mondiaux de sauvegarde des écosystèmes pour la prochaine décennie, selon les organisateurs.

Valérie Plante, mairesse de la Ville de Montréal et présidente de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), était présente à la mobilisation quelques heures après son engagement à protéger 30 % du territoire de la CMM d’ici 2030. 

«On est presque à 23 %, et le 7 % qui reste ne sera pas facile, parce qu’il y a beaucoup de pression sur les terres agricoles et les derniers espaces verts, a déclaré la mairesse en mêlée de presse. […] À la CCM, on considère qu’on peut construire et faire de la densité intelligente, mais qu’il faut absolument préserver les espaces verts pour la qualité de vie et pour les générations futures.»

Les porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, étaient également sur les lieux afin d’exhorter le gouvernement de François Legault à être «cohérent» et à poser des «gestes concrets» pour la protection de la biodiversité au Québec.

«La CAQ fait toujours la sourde d’oreille sur une demande qui est pourtant essentielle, soit un moratoire sur les claims miniers pour protéger les réserves fauniques et les parcs nationaux contre les entreprises minières», a affirmé le chef solidaire lors d’une mêlée de presse, ajoutant que les lignes de communication et les communiqués de presse n’étaient «pas suffisants».

Selon M. Nadeau-Dubois, la cible de protection de 30 % du territoire annoncé par Québec est un «bel objectif», qui doit cependant aller de pair avec des engagements qui favorisent la préservation des espaces naturels.

«Si on a un plan jusqu’à 2030, mais qu’on laisse les entreprises minières claimer autour des réserves fauniques existantes, on n’est pas très avancés. Et si en prenant de beaux engagements pour 2030, on finance le troisième lien, un projet qui va détruire des terres agricoles en banlieue de Québec, on n’est pas avancés non plus», a-t-il souligné.

Les communautés autochtones au cœur de la mobilisation

Selon Marie-Josée Béliveau, chargée de campagne COP15 pour Greenpeace Canada, la mobilisation visait également à revendiquer la place des communautés autochtones autour de la table de discussions.

«Ce qu’on demande aux décideurs politiques, c’est de considérer les peuples autochtones dans tous les enjeux de protection de la biodiversité, mais aussi de les intégrer dans la prise de décisions, a-t-elle expliqué en entrevue. Ils sont les grands protecteurs de la nature : ce sont dans les territoires autochtones que l’on retrouve environ 80% de la biodiversité restante.»

Mme Béliveau a toutefois reconnu que la population pouvait entretenir un certain «cynisme» par rapport aux grandes rencontres internationales de ce genre, qui donnent souvent «peu de résultats». 

«Il y a parfois des engagements mous qui sont pris et qui ne reflètent pas la crise actuelle, et d’autres qui sont pris, mais qui ne sont pas respectés. Encore aujourd’hui, le Canada écoute trop les voix des lobbyistes pétroliers ou miniers : on ne veut pas voir un spectacle, mais bien des déclarations claires et fortes», a-t-elle précisé.

Néanmoins, la chargée de campagne a assuré que ces conventions internationales restaient «cruciales», notamment pour les représentations autochtones qui viennent à Montréal pour se faire entendre.

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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