Une nation crie recherchera des tombes sur les sites de pensionnats au Québec

MONTRÉAL — La nation crie de Chisasibi a annoncé mardi qu’elle cherchera des tombes anonymes dans cinq sites de pensionnats ayant été en activité sur l’île de Fort George, dans le Nord-du-Québec.

La nation crie de Chisasibi indique qu’elle a décidé de «rechercher ses enfants perdus» avec l’utilisation d’un radar pénétrant dans le sol après une consultation approfondie avec la communauté, y compris des aînés et des élèves des pensionnats ainsi que des survivants.

Les cinq sites sont reliés à des pensionnats catholiques et anglicans qui comptaient parmi les plus grands et les plus anciens à avoir été en activité dans la province.

Dans une entrevue la cheffe Daisy House a affirmé qu’une majorité de personnes ont dit : «nous devons savoir, cherchons la vérité. Nous savons qu’il y a eu des activités douteuses». 

Mme House a déclaré que les écoles de l’île de Fort George étaient les premières dans la province de Québec. Datant des années 1930, ces écoles accueillaient des enfants des Premières Nations de la communauté crie locale et des enfants d’autres nations du Québec et de l’Ontario.

La communauté crie de Chisasibi fait partie de plusieurs Premières Nations qui ont décidé de fouiller les sites de pensionnats sur leurs territoires après avoir appris en mai 2021 que les restes de 215 enfants avaient été retrouvés à l’aide d’un radar autour de l’ancien pensionnat pour les Autochtones de Kamloops, en Colombie-Britannique.

«Tout découle de l’annonce de Kamloops», a mentionné Mme House, ajoutant qu’en fin de compte, la communauté a laissé aux survivants des pensionnats le soin de décider après des discussions. 

Les travaux débuteront cet été, avec des experts qui évalueront l’île, en se basant sur des photos aériennes provenant d’archives fédérales et provinciales et en utilisant les connaissances historiques des anciens sur les endroits où ces «activités douteuses» ont eu lieu à l’extérieur des écoles, a fait savoir Mme House.

La recherche au sol sera difficile compte tenu du terrain. La communauté a été déplacée de l’île Fort George pour s’établir à Chisasibi, dans le Nord-du-Québec, en 1979-1980 en raison d’un projet hydroélectrique. Certains bâtiments ont été déplacés tandis que d’autres ont été démolis et incendiés, dont des bâtiments des pensionnats.

Il y a deux cimetières qui sont intacts ainsi que la structure de l’ancienne église anglicane. Il y a aussi des cabanes sur l’île et la communauté y organise un rassemblement annuel.

«Il y a beaucoup de débris enfouis et beaucoup de végétation également, c’est donc une situation très unique en raison des circonstances de la relocalisation, a expliqué Mme House. Ce n’est pas comme dans les autres nations où ils ont des champs.»

Des experts suggèrent qu’il faudra au moins deux à trois ans de recherche et que certaines zones devront être dégagées avant que le radar puisse être déployé.

«Nous continuerons à consulter les survivants et les experts nous guideront», a indiqué la cheffe House.

Elle demande aux églises catholiques et anglicanes de partager leurs archives avec la communauté pour s’assurer que l’enquête est productive.

Le Grand Conseil des Cris a félicité la communauté pour ce qu’il a qualifié de décision difficile.

«Je crois que c’est un bon pas en avant pour répondre aux préoccupations des anciens élèves; mettre en lumière quelque chose qui a été gardé dans l’ombre pendant trop longtemps, franchir une nouvelle étape dans le cheminement de guérison de nos survivants et rechercher la vérité pour ce qui est une partie difficile de l’histoire de la nation crie», a déclaré dans un communiqué la grande cheffe de la nation crie Mandy Gull-Masty. 

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