Une nouvelle étude examinera la séroprévalence du coronavirus

MONTRÉAL — Une nouvelle étude examinera au cours des prochains mois la séroprévalence au Canada de la COVID-19 au sein de populations jugées à plus haut risque d’infection.

L’étude rassemblera quelque 20 000 personnes âgées de 30 ans et plus, susceptibles d’avoir été exposées au virus et issues de populations qui ne sont traditionnellement pas incluses dans les études.

Les participants proviendront aussi des populations les plus exposées à la COVID-19, entre autres les résidents des foyers de soins de longue durée et les personnes vivant dans des communautés mal desservies.

«Ce sont des communautés où on voit que les cas de COVID sont plus forts qu’ailleurs et on pense que ce sont des communautés qui peuvent être démunies d’un point de vue socioéconomique, elles peuvent avoir d’autres problèmes de santé, a expliqué la coprésidente du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19, la docteure Catherine Hankins.

«Il pourrait y avoir un plus grand nombre de personnes qui occupent des emplois ayant un contact avec le public (…) des gens qui sont peut-être plus susceptibles d’être en contact avec le virus.»

Les études menées jusqu’à présent au Canada sur la séroprévalence du virus ciblaient les populations «habituelles», poursuit la docteure Hankins, par exemple les femmes enceintes ou les donneurs de sang.

La nouvelle étude s’intéressera pour la première fois à certains des Canadiens qui ont été les plus durement frappés par la pandémie, comme les résidents des maisons pour aînés ou des centres de soins de longue durée.

Les chercheurs espèrent réussir à comprendre non seulement pourquoi certains centres ont été frappés plus durement que d’autres, mais aussi pourquoi certains aînés semblent s’en tirer mieux que d’autres.

«Nous avons besoin d’études qui comparent les résidences, a dit la docteure Hankins. L’étude va être capable de voir ce qui s’est passé pour les gens dans les populations spécifiques, plus à risque, et de lier cette information-là à leurs antécédents médicaux.

«Ça donnera un meilleur aperçu de qui a été plus à risque et qui a eu des symptômes, qui a été asymptomatique, et est-ce que les (…) conditions de santé qui existaient avant ont contribué au risque de développer des symptômes.»

Les chercheurs colligeront des données jusqu’en juin 2021, dans le but «de mettre en place tous les morceaux pour avoir un bon aperçu de tout ce qui se passe au Canada», a ajouté la docteure Hankins.

«Ces populations n’ont pas été étudiées jusqu’à présent et elles seront négligées si on procède simplement avec les populations standards, a-t-elle conclu. On va vraiment passer à côté de savoir ce qui se passe dans ces populations.»

Le gouvernement du Canada investira 1,9 million $ par l’entremise du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 du Canada afin de financer cette étude, que réalisera le Partenariat canadien pour la santé de demain (CanPath) sur la séroprévalence d’anticorps propres à la COVID-19 au Canada.

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