Une nouvelle ligne nationale est crée pour prévenir les décès par surdose

Une nouvelle ligne téléphonique pancanadienne vise à prévenir les surdoses mortelles en mettant en communication toute personne seule et consommatrice de drogue à des pairs qui peuvent appeler rapidement de l’aide si les choses tournent mal.

«Les personnes qui ont déjà vécu une surdose, ou leurs pairs, ont une sorte de pressentiment ou d’impression de ce qui se passe et de ce qui ne va pas, car nous l’avons vécu auparavant», a déclaré Rebecca Morris-Miller, qui a fondé Grenfell Ministries à Hamilton après des années de consommation de drogue, d’itinérance et de démêlés avec la justice.

Le Service national d’intervention en cas de surdose est une collaboration entre Grenfell Ministries et Brave Technology Co-op, qui opère à Vancouver et à Columbus, en Ohio.

Bien que la ligne téléphonique soit pancanadienne, le service ne semble pas être encore offert en français. Son site internet est aussi présenté,  non sans maladresse, dans la langue de Molière.

«Nous travaillons sur ce volet et notre objectif est de pouvoir offrir ce service aux Canadiens francophones!», a répondu en anglais un porte-parole par courriel.

Toute personne au Canada qui consomme une substance potentiellement mortelle peut composer un numéro sans frais et demander à quelqu’un de se tenir à ses côtés pour demander de l’aide si nécessaire. Un bénévole fait des vérifications périodiques et appelle le 911 s’il n’obtient pas de réponse.

Le consommateur de drogue peut également fournir à l’avance les coordonnées d’une personne à proximité avec une trousse de naloxone — une option utile pour inverser les effets d’une surdose dans des zones éloignées où les temps de réponse des services d’urgence sont longs.

La ligne téléphonique peut mettre en relation avec des personnes liées aux traitements et aux services sociaux sans pression ni jugement, a déclaré Mme Morris-Miller.

«Vous devez joindre les gens là où ils se trouvent et les laisser faire leur bout de chemin vers vous.»

Grenfell Ministries gère des groupes de soutien par les pairs et de sensibilisation et, en février, a mis en place une ligne téléphonique d’intervention en cas de surdose pour desservir l’Ontario.

NORS offre ses services avec l’aide de 16 pairs bénévoles et cherche à en recruter davantage. Un pair peut être un consommateur de drogue actif ou en convalescence ou un travailleur de première ligne.

L’initiative est lancée au moment où les décès par surdose augmentent.

Un rapport fédéral récent indique qu’il y a eu 1628 décès apparents liés à la toxicité des opioïdes entre avril et juin cette année, lorsque la première vague de la pandémie de COVID-19 a frappé.

Il s’agit d’une augmentation de 58 % par rapport aux trois premiers mois de l’année et du décompte trimestriel le plus élevé depuis qu’Ottawa a commencé à faire le suivi de ces données en 2016.

«Nous avons cette terrible pandémie en cours et les gens essaient d’avoir recours à des services, mais de nombreux lieux ont été fermés, a déclaré la directrice générale de Grenfell, Kim Ritchie. La frontière a été fermée, donc les médicaments ont été coupés avec des trucs de plus en plus sauvages, causant plus de morts.»

Mme Ritchie a déclaré que toutes les personnes impliquées dans le projet avaient un «vif désir» de passer à l’action.

«Vous ne pouvez pas traiter un toxicomane qui est déjà mort, dit-elle. J’en ai tellement enterré.»

Oona Krieg, la directrice de l’exploitation de Brave, a déclaré que NORS pouvait joindre des personnes sans données cellulaires ni Wi-Fi.

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