Une pétition pour faire ajouter la langue crie à Google Traduction

L’éditeur Joseph John voulait que sa bande dessinée «Citizen Canada» reflète l’histoire diversifiée du pays grâce à un protagoniste s’exprimant en anglais, en français et en cri.

Mais lorsqu’il a commencé à entrer dans le dialogue du superhéros dans Google Traduction, il a constaté que le cri, la langue autochtone la plus répandue au Canada, n’est pas une option du service de traduction automatique.

M. John a alors lancé une pétition en ligne exhortant Google à rendre le cri disponible dans son application. L’éditeur établi à Montréal, qui ne se dit pas militant, explique vouloir contribuer à la préservation de cette langue.

Le préambule de sa pétition souligne que le maori, la langue du peuple autochtone de Nouvelle-Zélande, est offert sur Google Traduction. Or, le gouvernement néo-zélandais dénombre environ 50 000 locuteurs de maori au pays, tandis que les données du recensement de 2016 de Statistique Canada font état de plus de 96 000 locuteurs de cri.

Simon Bird, le créateur de «Cree Simons Says», un groupe Facebook de plus de 20000 membres qui vise à transmettre le cri, dit qu’il apprécierait l’ajout de sa langue maternelle dans Google Traduction en tant qu’outil pour les apprenants de niveau débutant ou intermédiaire.

«Une fois qu’il y aura une compréhension commune de la langue entre quelqu’un qui la parle couramment et quelqu’un qui ne la connaît pas du tout, je pense que ce sera le réel avantage», avance M. Bird, qui est également le directeur de l’éducation pour la communauté de Lac La Ronge en Saskatchewan.

Le cri, de la famille des langues algonquiennes, compte neuf dialectes qui sont parlés du Labrador jusqu’à l’Alberta, en passant par les Territoires du Nord-Ouest, selon les données du gouvernement territorial.

Bien que certains mots plus modernes diffèrent entre les divers dialectes cris, le cœur de la langue est le même partout au Canada, selon M. Bird.

Une porte-parole de Google a souligné que le cri fait partie des nombreuses langues autochtones incluses dans le projet de police Noto de l’entreprise, mais son intégration dans le service de traduction serait un processus plus complexe.

«Nous ajoutons progressivement des langues au fil du temps, mais notre système a besoin de nombreux exemples pour apprendre», affirme la porte-parole Molly Morgan. 

«Malheureusement, nous n’avons pas d’échéancier pour cette langue spécifique. Le processus d’ajout d’une langue à Traduction nécessite un gros effort concerté de la part des contributeurs.» 

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