Une photo controversée ébranle l’autorité de la présidence de l’Assemblée

QUÉBEC — Une photo controversée de la députée Catherine Dorion, de Québec solidaire (QS), ébranle l’autorité du président de l’Assemblée nationale, François Paradis.

On y aperçoit Mme Dorion, tout sourire, en tailleur et talons hauts, assise sur le pupitre central du Salon rouge, entre les drapeaux du Canada et du Québec, avec l’inscription «Joyeuse Halloween».

Le cliché peut avoir l’air d’une plaisanterie anodine, mais c’est sans précédent dans cette enceinte qui sert notamment pour les cérémonies officielles et les grandes consultations.

Des élus ont protesté, deux vice-présidents, mal à l’aise, ont refusé de commenter, tandis que l’opposition, dont l’avis compte pour la légitimité de la présidence, critique le jugement de M. Paradis.

Les conséquences peuvent en effet être funestes. Rappelons que la dernière fois que l’opposition a retiré sa confiance en la présidence, en 2011, le titulaire, Yvon Vallières, avait dû démissionner.

Catherine Dorion, qui n’en est pas à ses premières frasques, s’affiche ainsi dans une tenue classique qu’elle refuse habituellement de porter, comme un clin d’oeil humoristique, un costume pour le jour de l’Halloween.

En effet, Mme Dorion s’est plutôt fait remarquer en Chambre pour ses t-shirts, ses bottes Doc Martens, à tel point qu’un comité a été formé au Parlement pour réfléchir à des règles de décorum vestimentaire.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne, un porte-parole de l’opposition a affirmé que «le leadership de la présidence est remis en question».

Il y a «des échanges entre les partis» à ce sujet, a poursuivi cette source très proche du dossier, qui refuse d’être identifiée.

«Mme Dorion en a ajouté une couche, c’est une provocatrice», a-t-elle conclu.

Au Bureau de l’Assemblée nationale (BAN), qui est en quelque sorte le conseil d’administration du Parlement, la photo a fait grincer des dents certains membres.

Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, qui représente la Coalition avenir Québec (CAQ) au BAN, a rappelé qu’on n’a «certainement pas» le droit de tout faire au Salon rouge.

«J’ai un énorme respect pour l’institution que je sers, mais je ne veux pas commenter le comportement des autres, a-t-il dit dans un entretien téléphonique avec La Presse canadienne. On a déjà discuté de ce décorum auparavant dans d’autres législatures, ce serait bon qu’on en reparle.»

La Presse canadienne a également contacté deux vice-présidents de l’Assemblée nationale, soit la députée libérale de Hull, Maryse Gaudreault, et le député caquiste de Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard. Les deux ont refusé de commenter et ont recommandé d’appeler la direction des communications de l’Assemblée.

Pour sa part, QS a indiqué que cette photo était ironique et donnait la réplique aux nombreux commentaires affirmant que Mme Dorion n’a «pas de classe».

«S’habiller comme ça, pour elle, ce serait comme se déguiser», a expliqué le porte-parole de QS, Nicolas Lévesque, dans une entrevue téléphonique.

Il a admis que le parti avait fait une erreur, puisque la photo avait été prise sans la permission de l’Assemblée. Puis il a pris la défense du président de l’Assemblée qui a fait son travail, selon lui.

«La présidence a assumé son leadership: dès qu’il a été avisé (de la photo), il a prévenu les partis d’opposition» a-t-il dit, en accusant l’opposition officielle libérale de déchirer sa chemise alors qu’elle était au courant.

Sous le couvert de l’anonymat, une source de QS a déploré que bon nombre de députés avaient pris des photos d’eux-mêmes au Salon rouge ou Salon bleu pour alimenter les réseaux sociaux, sans qu’on en fasse un plat.

L’Assemblée a refusé de commenter, mais dans un courriel laconique, la porte-parole Julie Champagne a précisé que la photo n’avait pas été autorisée.

Appelée à préciser les règles d’autorisation de prise d’images, elle a refusé de répondre, tout comme elle a refusé de s’exprimer sur les critiques de l’opposition officielle. Une demande d’entrevue a été acheminée à la présidence, mais elle a été déclinée.

La présidence doit être l’arbitre impartiale des débats et doit à ce titre avoir la confiance de tous les groupes parlementaires. Elle est le gardien des droits de chaque député, mais doit aussi veiller particulièrement aux droits de la minorité parlementaire.

En 2011, le leader parlementaire péquiste, Stéphane Bédard, avait contesté une décision du président Yvon Vallières pour ensuite lui retirer sa confiance. Peu après, M. Vallières avait démissionné.

La salle du Conseil législatif, aussi appelée Salon rouge, accueille les grandes cérémonies officielles, comme la prestation de serment des députés, la présentation du conseil des ministres, ainsi que la remise de décorations, telles que l’Ordre national du Québec, la Médaille de l’Assemblée nationale et les Prix du Québec.

Depuis les élections d’octobre 2018, le Salon rouge sert aussi pour les réunions du groupe parlementaire caquiste, puisqu’aucune autre salle n’est assez grande pour accueillir convenablement ses 75 députés.

Les commentaires sont fermés.

J.-P. Desbiens — (al. Frère Untel) — avait écrit que sans les forceurs, rien ne changerait jamais.

Ce semble être là pas mal ce à quoi s’adonne la députée de Taschereau depuis un an: « forcer ».

Désobéir, quoi, en un mot. Telle Antigone… Plus ‘fortement’ encore, à peine autrement, le Zarathoustra nietzschéen suggérait, lui, que le créateur est toujours (un) destructeur.

De fait, lorsqu’on conteste quelque chose ou propose autre chose, du « neuf », du nouveau, du différent; on se trouve ‘automatiquement’ à gruger ou tendre à faire se retirer ou se modifier, plus ou moins significativement, le déjà-là, l’en-cours.

À l’Assemblée nationale, il ne manque pas de « choses » ‘imparfaites’. Il ne manque pas de quoi à parfaire ou à ne plus faire. Qu’on pense seulement à ces ridiculissimes-stupidissimes applaudissements, lors de la Période de questions et réponses orales, que ç’aura pris des décennies!, s.v.p., à faire abroger. Qu’on pense à cette ‘pratique’ actuelle, qu’on considère aller de soi, consistant en ce que tou.te.s député.e.s d’un même parti se lèvent l’un.e après l’autre, comme des « veaux», indépendamment de ce qu’eux/elles-mêmes en pensent, pour approuver la ‘ligne’ que leur(s) chef(s) leur enjoi[gne]nt d’approuver. « Brillant », n’est-ce pas? Que donné-ce, donc, d’avoir des représentant.e.s, par centaines, si, à la fin, ceux-ci/celles-ci doivent en réalité faire abstraction de leurs propres pensée, sentiment ou principes pour seulement entériner la ‘ligne’ décrétée/arrêtée par une poignée de personnes? Où est l’intelligence là-dedans, i.e. où est la logique? S’il s’agit d’un choix-décision de parti (ou) du chef, eh bien, qu’on enregistre le vote comme tel; à l’exclusion de levées moutonnières d’une multitude de personnes non moins ridicules que l’étaient les applaudissements de n’importe qu[o]i, même quand ç’avait aucun sens ou qu’il s’agissait de véritables escrocs ou escroqueries (c’est arrivé). Il en va d’une question de respect et dignité de CHACUN.E. Tel n’étant surtout pas le cas en ce moment, à la façon dont ça se passe.

La façon dont ça se passe? Bien, pour la résumer en UNE formule, cette manière de faire, où l’on on se lève ainsi l’un.e après l’autre pour approuver aussi bêtement que possible, individuellement-collectivement, à la queue-leu-leu, quelque chose ou quelqu’un.e; on peut la qualifier en l’énonçant comme suit: « Se lever pour… s’écraser » !

Bref, les ‘manières’ de la députée de Taschereau ne s’avèrent certes pas, elles non plus, toutes, parfaites, irréprochables. Mais au moins a-t-elle le mérite, elle, de tâcher d’attirer l’attention sur l’inconvenance de se confiner, humainement, individuellement, à reproduire indéfiniment, ad infinitum, yeux fermés, de plates pratiques dites de convenance, sans jamais en questionner la pertinence, la justifiabilité ou l’injustifiabilité.

Par exemple, est-il « normal » ou souhaitable ou encore « obligé » que la gent masculine parlementaire se voit, encore aujourd’hui, contrainte à un habillement tous pareils, notamment quant au port, pour tous, de cravate?

Voilà qui s’apparie assez bien, merci, n’est-ce pas, aux votes tou.te.s pareil.le.s décrits ci-dessus. Reproduction du même. À la militaire. On commence par s’afficher/s’habiller tous pareils; puis on continue en votant tous pareil. Faisant fi du sacré ‘sapere aude’. Après ça, on se demande comment il se fait qu’on n’évolue guère. Voire qu’on régresse. Comme vient encore de le faire (faire) ce gouvernement même, en imposant à ses député.e.s du parti ministériel d’approuver, à l’aveugle encore va de soi, cette loi ‘sienne’ ayant pour effet de renvoyer dans les mailles-filets du crime organisé des jeunes de 18-21 ans.

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