Une première femme nommée présidente de l’Agence spatiale canadienne

MONTRÉAL — L’Agence spatiale canadienne a une femme à sa tête pour la toute première fois.

Lisa Campbell, fonctionnaire de longue date, a été sollicitée par le gouvernement Trudeau pour prendre les rênes de l’agence, et devient ainsi la première femme à diriger l’organisation depuis sa création en 1989.

Elle arrive en poste à un moment où l’exploration spatiale connaît un regain d’intérêt dans le monde.

«Ce que nous constatons avec l’exploration spatiale, c’est que le financement par le gouvernement et le secteur privé a récemment augmenté de façon exponentielle», a expliqué Mme Campbell en entrevue avec La Presse Canadienne, jeudi. «Et je note que cela a continué malgré la pandémie.»

Lisa Campbell succède à Sylvain Laporte, président de l’agence depuis 2015, et arrive d’Anciens Combattants Canada, où elle était cadre supérieure depuis environ deux ans.

Mais ce sont les trois années qu’elle a passées à gérer certains des projets militaires les plus importants et les plus coûteux du Canada à titre de sous-ministre adjointe, Approvisionnement maritime et de défense, de 2015 à 2018, qui seront les plus pertinentes pour son nouveau poste. Son expérience a été vantée jeudi par le ministre de l’Industrie, Navdeep Bains.

«Tout au long de sa carrière, Lisa Campbell a travaillé sans relâche pour les Canadiens. Elle possède l’expérience et les compétences voulues pour guider l’agence dans ses explorations futures», a déclaré M. Bains dans un communiqué. «Son expérience en matière d’approvisionnement de la défense sera un atout précieux, puisqu’elle dirigera certains des projets d’approvisionnement clés du secteur spatial.» 

L’agence travaille actuellement sur un projet de 1,9 milliard $ annoncé par le gouvernement libéral en mars 2019 pour développer, au cours des deux prochaines décennies, un nouveau système robotique d’intelligence artificielle qui participera au projet de station spatiale lunaire promu par les États-Unis.

La «station spatiale lunaire Gateway» est destinée à faciliter les missions sur la Lune et à accueillir ses propres expériences scientifiques.

Soutenir la prospérité économique

Bien que Mme Campbell ait également souligné son expérience antérieure de la gestion de projets dans le système d’approvisionnement de défense, elle a longuement parlé de l’importance d’utiliser les investissements gouvernementaux et les connaissances de l’industrie pour soutenir la prospérité économique du Canada.

«Nous avons des atouts dans des domaines clés qui seront très importants pour cette nouvelle génération d’exploration spatiale», a-t-elle affirmé, notant que de nombreuses entreprises qui fabriquent de l’équipement militaire sont également impliquées dans le domaine spatial.

«Nous voulons développer et renforcer nos relations nationales afin que l’Agence spatiale canadienne et l’industrie canadienne puissent faire partie de ce qui constitue un nouvel investissement important dans le monde.»

Elle a cependant souligné que le Canada et les entreprises canadiennes devaient protéger leur précieuse propriété intellectuelle des gouvernements et des entreprises étrangers car, en matière d’exploration spatiale, «tout le monde veut sa part».

«Si vous investissez dans la recherche et le développement pour créer quelque chose de très spécial et de très recherché, alors le fait d’en conserver une certaine participation pour l’avenir vous aide à tirer parti de cet investissement.»

Interrogée sur le fait qu’elle devient la première femme à diriger l’Agence spatiale canadienne, Lisa Campbell a lancé, mi-amusée: «Il était temps, n’est-ce pas?»

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