Une rentrée scolaire marquée par le manque de personnel, déplorent les syndicats

MONTRÉAL — Quelque 250 élèves inscrits sur une liste d’attente pour des services de garde en milieu scolaire au Lac Saint-Jean. Aussi, 150 postes d’enseignants à combler au centre des Vieilles Forges à Trois-Rivières. Des postes affichés pour des techniciennes en éducation spécialisée, des préposées pour les élèves handicapés.

Le manque de personnel dans les écoles primaires et secondaires ne touche pas seulement les enseignants, ont insisté lundi les présidents des fédérations des professionnels, ainsi que du personnel de soutien scolaire, au cours d’une conférence de presse avec la Fédération des syndicats de l’enseignement et leur centrale syndicale, la CSQ.

À quelques jours de la rentrée dans les écoles, les chiffres de 700 et de 1400 enseignants manquants ont circulé. Mais la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Josée Scalabrini, n’a pas voulu s’avancer aujourd’hui sur un chiffre précis.

Elle rapporte néanmoins qu’il en manquerait aussi 12 au Centre de services scolaires de L’Estuaire; 90 à Kativik. Mais la situation peut évoluer d’ici la rentrée formelle, précise-t-elle.

Du côté des professionnels de l’éducation — orthophonistes, psychologues et autres — la tentation du privé est grande, puisque la rémunération y est passablement plus élevée, a fait valoir Jacques Landry, président de leur fédération. Pour les psychologues, c’est 27 à 40 % d’écart, affirme-t-il.

Dans un établissement, il devrait y avoir quatre psychologues; il n’y en a qu’une. Les problèmes sont similaires pour les orthophonistes. Ceux qui sont en poste doivent souvent partager leurs heures entre plusieurs établissements.

Chez les employés de soutien, beaucoup de travailleurs occupent un poste à temps partiel, parfois de seulement 7 à 10 heures/semaine, déplore Éric Pronovost, président de la Fédération du personnel de soutien scolaire. Et ce n’est pas faute de travail, argue-t-il, puisqu’il manque de travailleurs dans les services de garde et à d’autres titres d’emploi.

«La pénurie qu’on a créée en 20 ans, c’est pas vrai qu’on va la régler en une année», lance Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement.

Elle note toutefois que les «initiatives locales» lancées par des établissements peuvent aider, parce qu’elles sont adaptées à leur milieu. Un nouvel enseignant qui n’a pas toutes les qualifications requises pourra par exemple être «accompagné» par un enseignant d’expérience, cite-t-elle en exemple.

«Alors que les syndicats chialeux levaient la main pour dire « il manque de monde; il va en manquer », il y a quelques années, le gouvernement ne voulait même pas parler de pénurie. C’était de la rareté ou ce n’était pas dans toutes les régions. Il jouait avec les mots. Il est là le problème: c’est que tout le monde doit en faire plus pour arriver. Et ce que ça fait, c’est de nuire à l’attraction de tout le personnel», a résumé le président de la Centrale des syndicats du Québec, Éric Gingras.

Ces syndicats misent aussi sur la négociation des conventions collectives dans le secteur public pour améliorer les conditions de travail. Elle sera relancée l’hiver prochain.

Les enseignants veulent alors s’atteler à l’amélioration de la tâche et à la composition des classes.

Les syndicats du personnel de soutien scolaire et ceux des professionnels veulent aussi des postes plus stables, plus attrayants et en nombre suffisant.

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