Une réouverture hâtive de l’économie pourrait être coûteuse, avise Andrew Cuomo

WASHINGTON — Le tapage provenant des klaxons d’automobiles se faisait entendre dans tous les coins de la capitale de la Virginie mercredi, au moment où le débat sur la route à prendre vers une relance mettait aux prises, d’un côté, d’impatients travailleurs et propriétaires d’entreprises aux États-Unis et, de l’autre, des gouverneurs et des experts du domaine de la santé qui craignent une dramatique résurgence de la COVID-19.

Un cortège de véhicules a défilé devant le Capitole à Richmond, dans l’espoir de convaincre le gouverneur Ralph Northam de lever une directive de confinement et permettre aux gens de retourner au travail, une protestation également vue dans des États comme la Pennsylvanie, le Michigan, le Tennessee et le Maryland, entre autres.

Les protestations sont largement liées au lobby pro-armes aux États-Unis et à des groupes d’action conservateurs qui appuient le président républicain Donald Trump. Cela accentue les doutes sur l’hypothèse que ces manifestants illustreraient une impatience grandissante aux États-Unis, surtout que des sondages continuent d’indiquer un vaste appui bipartite aux restrictions aux activités et aux déplacements.

Mais peu importe leur genèse, le résultat est le même: on note une pression politique grandissante à l’endroit des gouverneurs et des édiles municipaux — même dans l’État de New York, durement touché avec plus de 20 000 morts — pour éveiller la dormante économie américaine.

«Ce n’est pas le temps d’agir de façon stupide. Point final. Je ne sais pas comment le dire autrement», a déclaré le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo qui, comme M. Northam en Virginie, est un démocrate.

«Ce n’est pas près d’être terminé. Je sais que les gens veulent en sortir, je le comprends. Je sais que les gens veulent retourner au travail. Je sais que les gens ont besoin d’un chèque de paie. Je sais que ceci est insoutenable. Je sais aussi que plus de gens vont mourir si nous ne sommes pas intelligents.»

Le contraste entre le message de M. Cuomo et celui qui émane d’autres États, particulièrement les États du «Sud profond» contrôlé par le Parti républicain, est remarquable.

En Georgie, qui rapportait mercredi près de 20 000 cas actifs et 836 décès, le gouverneur Brian Kemp s’attend à voir plusieurs places d’affaires — incluant les salons de coiffure et de tatouage, où la distanciation sociale est physiquement impossible — reprendre les opérations dès vendredi. Au Tennessee, l’objectif est de rouvrir les magasins et les services la semaine prochaine.

Au Canada, la province de l’Île-du-Prince-Édouard, où le nombre de cas de la COVID-19 est bas, vise à lever les restrictions sur les activités extérieures et les chirurgies non urgentes vers la fin de la semaine prochaine.

La province espère aussi rouvrir les places d’affaires au milieu de mai, a fait savoir le premier ministre Dennis King, mardi. Au Nouveau-Brunswick, on est optimiste d’adopter un échéancier du même ordre.

«Les provinces prendront des décisions différentes sur ce qui sera relancé en premier et comment rouvrir leurs économies. Nous allons faire un travail de coordination, de façon à nous appuyer sur des valeurs communes, des principes et des approches scientifiques à travers le pays», a déclaré le premier ministre Justin Trudeau mercredi.

Toutefois, on n’est pas près de voir des changements graduels dans l’accord frontalier entre le Canada et les États-Unis.

«Nous allons continuer de travailler en coordination avec les États-Unis, mais les mesures nationales vont s’appliquer partout le long de la frontière entre le Canada et les États-Unis, peu importent les provinces ou les juridictions», a ajouté M. Trudeau.

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