Une réponse d’Ottawa jugée tiède au souhait de la NASA de Canadiens sur la Lune

OTTAWA — Le gouvernement Trudeau a fait face à des critiques mercredi pour sa réaction tiède au souhait du président de l’agence spatiale américaine de voir des astronautes canadiens marcher sur la Lune dans un avenir proche.

Jim Bridenstine, administrateur de la NASA, a déclaré qu’un programme lunaire reconstitué était le premier pas vers une exploration spatiale plus profonde, y compris une mission sur Mars.

Au cours d’un voyage de deux jours à Ottawa, le chef de la NASA a lancé un appel enthousiaste à la poursuite du partenariat de plusieurs décennies du Canada avec les États-Unis, notamment en fournissant des astronautes.

La NASA se lance dans la création de sa nouvelle Lunar Gateway, une station spatiale qu’elle envisage d’envoyer en orbite autour de la Lune à partir de 2021. L’agence souhaite créer une «architecture lunaire durable» qui permettrait des allers et retours fréquents de personnes et de pièces d’équipement, a dit M. Bridenstine.

«Si les Canadiens souhaitent participer à des missions à la surface de la Lune avec des astronautes, nous nous en félicitons. Nous voulons que ce jour se concrétise», a-t-il déclaré à un petit groupe de journalistes à Ottawa avant son discours devant l’Association des industries aérospatiales du Canada (AIAC).

«Nous pensons qu’il serait fantastique pour le monde de voir à la surface de la Lune des personnes qui ne portent pas seulement le drapeau américain, mais ceux d’autres pays», a-t-il poursuivi.

Les États-Unis recherchent un large soutien international pour leur nouvelle initiative lunaire, a indiqué M. Bridenstine à la conférence de l’industrie. Il a ajouté que la NASA souhaitait bénéficier de l’expertise du Canada en intelligence artificielle et en robotique, ce qui pourrait inclure un bras canadien de nouvelle génération sur la station spatiale et d’autres technologies dans la conception.

Le ministre de l’Innovation, Navdeep Bains, qui a déjà vanté les pôles d’intelligence artificielle en Ontario et au Québec, a affirmé que le gouvernement était déterminé à maintenir son partenariat avec la NASA, sans donner de détails.

Le ministre a déclaré que le gouvernement travaillait toujours sur une politique de l’espace très attendue qui aura de multiples facettes et qui sera rendue publique avant les élections fédérales de l’automne prochain.

«À ce moment, nous ne voudrions rien exclure», a dit M. Bains aux journalistes qui le pressaient de questions sur la possibilité de fournir des astronautes aux missions sur la Lune. «Nous avons démontré très clairement que nous souhaitons travailler avec la NASA. Nous voulons également collaborer avec d’autres alliés.»

Le responsable d’une importante société de technologie spatiale canadienne a déclaré que de nombreux chefs d’entreprise présents à la conférence avaient été surpris par le manque apparent d’enthousiasme du gouvernement à l’égard de la demande ambitieuse de M. Bridenstine.

«L’occasion qui était clairement offerte au Canada ici, suscitait beaucoup d’enthousiasme», a dit Mike Greenley, président de MDA, lors d’une entrevue. «Je suis un peu préoccupé par ce manque de réponse.»

MDA fabrique des capteurs, des robots et des composantes pour des satellites.

M. Greenley a affirmé qu’il était possible que le gouvernement étudie toujours ses options, tout en disant douter de l’approche canadienne étant donné l’urgence du calendrier américain.