Une résidence pour aînés obtient finalement les sommes qui lui sont dues

QUÉBEC — Moins de 24 heures après avoir été dénoncées, des autorités régionales de santé qui exigeaient des factures de produits désinfectants de 2019 avant de verser des aides financières destinées à une résidence pour aînés ont finalement plié.

La Presse Canadienne avait rapporté mardi l’histoire d’une résidence privée pour aînés (RPA) de l’Outaouais qui attendait désespérément depuis juin des sommes promises par le gouvernement Legault pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

L’enveloppe était bloquée parce que le Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) de l’Outaouais exigeait des factures de quelques dizaines de dollars de produits nettoyants que le propriétaire n’avait pas le temps de trier, en raison du contexte pandémique difficile.

«J’ai refusé parce que ça aurait été trop long à faire, a affirmé le propriétaire de la résidence, Alain Faubert, en entrevue avec La Presse canadienne mercredi. Ça s’élevait à 80-90 $, c’était ridicule de s’obstiner pour ces factures et c’est pour ça qu’on retenait mes montants. J’ai cherché pendant tout l’été à avoir des précisions que je n’ai jamais pu obtenir.»

Il attendait ainsi un versement de 5000 $ — soit essentiellement le montant avancé pour couvrir les primes et subventions salariales promises par le gouvernement pour son employée. Toutefois il a dû entre-temps épuiser ses économies pour verser les suppléments de salaires ou primes et il était à bout de ressources en septembre.  

Le cabinet de la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, est finalement intervenu directement pour débloquer les fonds mardi après-midi, après la parution de l’article.

«C’est une situation inacceptable, a fait savoir Mme Blais par voie de courriel. L’objectif de ces enveloppes budgétaires n’est évidemment pas de submerger des résidences pour aînés avec de la bureaucratie, mais bien de les soutenir dans cette période difficile.»

Le propriétaire de la Maison Angélique, à Papineauville, a indiqué qu’il a reçu confirmation que les sommes seront virées, mais ne les avait toujours pas obtenues mercredi après-midi.

D’autres établissements pour aînés de l’Outaouais attendent également des versements et le CISSS était en train de vérifier tous les cas pour s’assurer que toutes les enveloppes soient bel et bien versées, selon ce qu’a indiqué sa porte-parole, Marie-Pier Després.

Elle a dit ne pas être au courant des raisons pour lesquelles les sommes destinées à la Maison Angélique avaient été retenues. D’autres RPA à Thurso, à Buckingham et à Saint-André-Avellin éprouveraient également des ennuis. Deux autres résidences pourraient bien fermer leurs portes en septembre dans ce secteur, ce qui mettrait 18 résidants à la rue, selon M. Faubert.

Il appréhende déjà le choc de la deuxième vague de la COVID-19 et cherche à vendre sa RPA depuis quelque temps déjà, notamment en raison des contrôles tatillons du CISSS.

«C’est important qu’on son sente épaulé et non pas toujours jugé. (Le CISSS) cherche toujours des bêtes même si ce sont des technicalités et des formulaires. (…) Ça peut prendre 8-10 ans avant de vendre une résidence (pour aînés), et ça, c’est si on la donne quasiment.»

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