Une revendication territoriale fait déraper un projet résidentiel en Ontario

TORONTO — La construction d’un ensemble résidentiel près de Caledonia, en Ontario, a été mise sur la glace devant l’opposition des Autochtones, a confirmé vendredi le promoteur.

Il y a près d’un an, un groupe de la Confédération iroquoise Haudenosaunee avait commencé à occuper le site projeté, en plaidant qu’il se trouve sur des terres non cédées des Six Nations de la rivière Grand, dans le sud-ouest de l’Ontario. La société Losani Homes, le promoteur derrière le projet immobilier «McKenzie Meadows», a déclaré vendredi qu’il avait remboursé aux acheteurs de maison la totalité de leur dépôt, qui va de 21 000 $ à 88 000 $.

Le vice-président de la société, William Liske, a déclaré que les acheteurs avaient été informés cette semaine qu’il y avait «obstacle aux contrats de vente». Il a notamment cité l’occupation du site par des militants, qui dure depuis longtemps et qui pourrait devenir permanente. Le promoteur déplore aussi que des injonctions du tribunal n’aient pas été respectées ou appliquées, et que les gouvernements provincial et fédéral n’aient même pas répondu à ses demandes d’aide ou d’intervention.

Des militants maintiennent une présence sur le terrain depuis juillet 2020, malgré une injonction permanente accordée l’automne dernier et des dizaines d’arrestations. Au cœur de leur revendication: un accord de 1784 conclu par les Britanniques avec les Iroquois, qui leur promettait des terres le long de la rivière Grand. Or, selon la Première Nation Haudenosaunee, ces terres ne lui auraient jamais été cédées par la Couronne.

Skyler Williams, porte-parole de l’occupation, a déclaré que l’annulation des contrats de vente ne va pas assez loin, mais constitue «un petit pas dans la bonne direction».

Tout près d’un an après le début de l’occupation, le camp installé sur le chantier de construction proposé s’est agrandi avec le temps, pour inclure maintenant de minuscules maisons, des espaces communautaires et des jardins. M. Williams a lui aussi soutenu que les fonctionnaires des gouvernements provincial et fédéral n’étaient pas venus sur le site pour tenter de résoudre le litige, par ailleurs étroitement surveillé par la police.

Le ministère des Affaires autochtones de l’Ontario et les ministères fédéraux des Affaires autochtones et des Relations Couronne-Autochtones n’ont pas immédiatement répondu à une demande de commentaires, vendredi.

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