Une solution d’hébergement pour isoler les travailleurs de la santé

TORONTO — Alors que les hôpitaux se préparent à accueillir de plus en plus de patients malades de la COVID-19, un organisme de Toronto offre une solution d’hébergement temporaire aux travailleurs de la santé, qui craignent de contaminer leurs proches à la maison.

L’organisme sans but lucratif «StayWell» aide habituellement les patients qui n’ont pas les moyens de séjourner dans les grands centres pour y recevoir des soins. L’OSBL offre maintenant ses services d’hébergement aux médecins, infirmières et autres travailleurs de première ligne.

Jory Simpson, directeur de la chirurgie générale à l’hôpital St. Michael’s de Toronto, a indiqué que son service avait déjà réservé un logement pour son équipe et qu’il était prêt à en réserver d’autres si nécessaire. Le docteur Simpson a expliqué que la nouvelle épidémie de coronavirus n’avait pas atteint encore le stade où son personnel a dû utiliser l’hébergement — mais il est déjà préoccupé par les risques que pourrait courir sa famille.

«Je n’ose pas imaginer toute la culpabilité qu’un médecin ressentirait s’il ramenait le virus à la maison et qu’un membre de sa famille tombait malade — en particulier une personne âgée», admet M. Jory, qui envisage lui-même d’utiliser la ressource d’hébergement. «C’est ce que vivent actuellement tous les médecins de la province: l’équilibre entre la prestation de soins à leurs patients et la sécurité de leur famille.»

L’organisme StayWell soutient qu’il dispose d’environ un millier d’appartements et de chambres d’hôtel qui pourraient potentiellement héberger des travailleurs de la santé dans les plus grandes villes du pays. Steven Argyris, l’un des directeurs de l’organisme, a indiqué que quelques médecins séjournaient déjà dans l’un de ces petits meublés afin de pouvoir se rapprocher de l’hôpital et éviter d’infecter leur famille.

Prix du marché

L’organisme est en mesure de se procurer des logements à prix coûtant qui sont généralement utilisés pour des cadres et des employés d’entreprises, ce qui fait que les économies sont importantes — souvent des milliers de dollars de moins que les taux du marché, explique M. Argyris.

StayWell est actuellement en contact avec les principaux hôpitaux de la région de Toronto et a offert ses services aux gouvernements municipal, provincial et fédéral.

Une porte-parole du ministère de la Santé de l’Ontario a indiqué mercredi dans un communiqué que la province était en «discussions actives» avec les hôtels pour déterminer si des chambres supplémentaires pourraient être utilisées afin d’héberger des patients. «Ces mêmes hôtels pourraient également être utilisés comme hébergement temporaire pour les travailleurs de première ligne, par commodité ou pour favoriser l’auto-isolement», a expliqué Hayley Chazan.

Le docteur Simpson a ainsi raconté que sa belle-mère ne pouvait plus voir ses trois jeunes enfants parce que le papa était considéré comme à haut risque en raison de son métier. Or, les hôtels n’accueillent plus de clients et les gîtes de type «Airbnb» voudront peut-être éviter de louer à des personnes à risque, rappelle le médecin.

«Savoir que vous avez cette petite police d’assurance à la fin de votre quart de travail: vous pouvez simplement récupérer une clé et c’est là que vous allez (…) Ça enlève une complication dans toute l’équation.»