Une station de recherche des Territoires du Nord-Ouest endommagée par un feu de forêt

YELLOWKNIFE — La destruction quasi complète d’une station de recherche dirigée par une Première Nation des Territoires du Nord-Ouest lors d’un feu de forêt pourrait avoir des impacts importants sur la recherche environnementale et sur toute la communauté locale.

La Première Nation Liidlii Kue a annoncé que cinq des neuf bâtiments de la station de recherche Scotty Creek ont complètement brûlé la fin de semaine dernière. Les flammes ont ravagé des équipements, des laboratoires et des dortoirs. D’autres bâtiments ont aussi subi des dommages, au point où certains devront être remplacés.

«C’était comme si je venais de recevoir un gros coup de poing dans le ventre», a illustré Dieter Cazon, qui gère les terrains et les ressources de la Première Nation, à propos du moment où il a appris la nouvelle.

«Nous ne repartons pas de zéro, mais nous aurons beaucoup de travail à faire», a renchéri le directeur de la station de recherche, Bill Quinton.

Scotty Creek est l’une des stations de recherche du nord du Canada les plus utilisées. Des scientifiques de tout le pays et de partout dans le monde s’y rendent pour faire de la recherche sur l’environnement, notamment sur les ressources d’eau et la fonte du pergélisol.

La Première Nation, qui collabore avec les experts depuis les années 1990, a pris le contrôle de la station en août, faisant de Scotty Creek l’une des premières stations de recherche dirigées par une communauté autochtone dans le monde.

M. Cazon a expliqué que cette station était l’endroit parfait pour combiner l’expertise des scientifiques avec le savoir-faire des Premières Nations pour lutter contre les changements climatiques.

Il a ajouté que l’évaluation des dégâts se poursuit, mais que les plans de reconstructions sont déjà entamés. Malgré tout, pour des raisons de sécurité, les activités de recherche de la station ne pourront pas avoir lieu l’an prochain.

Ce faisant, l’économie locale pourrait ressentir les effets de la fermeture, puisque les experts qui s’y déplacent d’habitude fréquentent les hôtels, les restaurants, etc.

«Nous allons tout remettre en ordre, a promis M. Cazon. Le travail que nous faisons ici est trop important pour être mis de côté.»

Une intervention critiquée

La Première Nation Liidlii Kue a critiqué le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles du territoire pour ne pas avoir freiné plus tôt le feu de forêt. Elle reproche aussi au ministère d’avoir retiré le système de gicleurs pendant que le feu faisait toujours rage.

Le porte-parole du Bureau d’information sur les feux de forêt, Mike Westwick, a expliqué que les gicleurs et autres dispositifs de protection avaient réussi à protéger le lieu lors du premier passage du feu, mais qu’ils avaient été retirés jeudi dernier en raison de problèmes de gel.

Il a ajouté que les pompiers ne pouvaient pas attaquer directement le feu en toute sécurité en raison des vents extrêmes, qui ont poussé les flammes vers la station de recherche.

«Nous n’enverrons jamais de personnel se mettre en danger de manière irréfléchie, a-t-il rappelé. Et étant donné du comportement du feu dans la région, c’est ce que nous aurions fait si nous avions demandé à nos pompiers d’aller l’arrêter directement.»

La saison des feux de forêt de cette année a été la plus sévère que le territoire a connue depuis 2014. La superficie totale ravagée par les flammes a dépassé la moyenne des dix dernières années et était presque égale à trois fois la moyenne des cinq dernières années.

Au total, 257 feux ont éclaté dans le territoire cette année, dont 30 sont encore actifs sur une superficie de 6866 kilomètres carrés.

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