Une travailleuse congédiée et victime de harcèlement psychologique a gain de cause

MONTRÉAL — Le Tribunal administratif du travail ordonne à un employeur de verser plusieurs milliers de dollars à une travailleuse qui a été victime d’un congédiement illégal et de harcèlement psychologique.

La femme, embauchée comme directrice des ressources humaines et des communications pour un organisme sans but lucratif, avait été congédiée après avoir insisté pour se faire payer le salaire qui lui était dû.

Bien qu’elle soit détentrice d’une maîtrise en relations industrielles, son employeur se servait d’elle «pour collecter et solliciter des dons dans les épiceries», relate le Tribunal administratif du travail dans sa décision.

Le juge administratif relate que lors d’un incident au cours duquel un verre avait été cassé, le patron lui avait lancé «tu n’es rien qu’un tas de merde», en présence d’un de ses amis.

Lors d’un autre événement où elle lui aurait demandé de comptabiliser l’argent amassé dans son récipient, avant de l’ajouter au sien, le patron se serait fâché et lui aurait arraché sa cocarde d’identification en tirant sur la corde autour de son cou jusqu’à ce qu’elle se rompe.

Le Tribunal relate que c’est lorsque le président a menacé de fermer un compte de l’OSBL qu’elle a réclamé le salaire qui lui était dû. Il se serait alors mis en colère et «selon la preuve prépondérante, lui aurait donné une gifle au visage». Le Tribunal relate que la travailleuse a porté plainte à la police pour voie de fait.

Aussi, lors d’un voyage d’affaires, l’homme avait fait allusion à la mère de la plaignante au Cameroun, en lui criant de retourner chez elle.

Le Tribunal relate que «le président nie tout et jure qu’il n’a jamais manqué de respect, mais admet en même temps qu’il a un problème de santé mentale».

Il ajoute que ce patron «n’a présenté aucune preuve prépondérante d’une cause quelconque de congédiement» et que «son témoignage n’a aucune crédibilité».

Le Tribunal conclut donc que le congédiement de la travailleuse était illégal.

Il conclut aussi qu’elle a été victime de «plusieurs conduites, gestes et paroles vexatoires».

«Le fait que la plaignante soit immigrante du Cameroun la rend plus vulnérable»; elle a peur du marché de l’emploi et a perdu de l’estime de soi, ajoute le juge administratif. Elle se sent «rabaissée et humiliée».

En conséquence, il ordonne à l’employeur de lui verser 10 000 $ en dommages moraux, 7104 $ pour la perte de son emploi, 12 823,20 $ pour la perte de salaire et 5000 $ en dommages punitifs.

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