Une usine de biocarburant à Varennes et un électrolyseur pour de l’«hydrogène vert»

MONTRÉAL — Québec et Ottawa ont annoncé mardi un «deux dans un» — un projet qui est à la fois une usine de production de biocarburant à Varennes et un électrolyseur qui permettra à Hydro-Québec de produire de l’«hydrogène vert».

La future usine de Varennes permettra de produire des biocarburants à partir de matières résiduelles qui ne sont pas recyclables à l’heure actuelle, ainsi que de résidus forestiers.

Le projet de l’entreprise Enerkem est évalué à 876 millions $, dont 687 millions $ pour l’usine et 189 millions $ pour l’électrolyseur d’Hydro-Québec.

De cette somme totale, Québec contribuera une part de 160 millions $ et le gouvernement fédéral 74 millions $.

La part de Québec prend la forme d’un prêt de 80 millions $ par l’entremise d’Investissement Québec et d’un placement en parts privilégiées d’une valeur maximale de 80 millions $, a précisé le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, qui participait à l’annonce, en compagnie d’une dizaine d’autres personnalités. 

Le projet est aussi parrainé par des partenaires privés: Shell, Suncor et Proman. 

«Le privé vient investir, vient mettre son argent au ‘bat’, donc va être stressé pour que ça réussisse. Donc moi, ça me rend très confiant», s’est exclamé le premier ministre François Legault, qui a participé à la conférence de presse.

Le patron d’Enerkem, Dominique Boies, a précisé que les travaux de préparation du site ont débuté l’été dernier. Les activités de l’usine devraient débuter en 2023 «et, sur une période de trois à quatre ans, il va y avoir une augmentation graduelle de la production, pour atteindre la pleine capacité de 125 millions de litres durant la quatrième année».

Le projet devrait permettre la création de plus de 500 emplois pendant la construction de l’usine et de près de 100 emplois lors de son exploitation.

M. Boies a précisé que ces derniers emplois seront des postes d’ingénieurs et d’opérateurs hautement spécialisés.

Pour ce qui est de l’électrolyseur d’Hydro-Québec, il servira essentiellement à alimenter l’usine en énergie. 

«Hydro-Québec va exploiter bientôt l’un des électrolyseurs les plus puissants du monde pour la production d’hydrogène vert», s’est félicitée la présidente-directrice générale de la société d’État, Sophie Brochu.

Le premier ministre Legault, quant à lui, a vanté le recours aux biocarburants comme énergie de transition et dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

«On a besoin, en attendant que la transition se fasse bien — et c’est important pour les citoyens que ça se fasse graduellement si on veut une mobilisation et une adhésion — qu’il y ait une période de transition, pendant laquelle on réduit nos GES. Et un des meilleurs moyens d’y arriver, bien c’est via les biocarburants», a plaidé le premier ministre du Québec.

Laisser un commentaire