La Russie préparerait une vaste offensive contre des infrastructures en Ukraine

NIKOPOL, Ukraine — Le département d’État américain a diffusé une alerte de sécurité prévenant que la Russie se prépare à lancer une vaste offensive contre des infrastructures civiles et gouvernementales en Ukraine au cours des prochains jours.

L’ambassade des États-Unis à Kyiv a pressé les ressortissants américains à sortir immédiatement d’Ukraine.

«Si vous entendez un explosion ou si des sirènes sont déclenchées, trouvez un refuge sur le champ, mentionne le département d’État dans son alerte. Si vous êtes dans une résidence ou un immeuble, descendez au niveau le plus bas et où l’on trouve le moins de fenêtres, de murs extérieurs et d’ouvertures. Fermez toutes les portes et assoyez-vous près d’un mur intérieur, loin des fenêtres et des ouvertures.»

Cette alerte a été lancée à la suite de la révélation, lundi, de renseignements obtenus par diverses agences américaines selon lesquels la Russie allait commencer à frapper de plus en plus d’infrastructures civiles, a indiqué un responsable du gouvernement sous couvert de l’anonymat.

Ces renseignements coïncident avec la date anniversaire du sixième mois de l’invasion russe en Ukraine, qui tombe mercredi, le jour même qui marque l’indépendance de l’Ukraine du joug de la défunte Union soviétique.

Les agences américaines du renseignement n’auraient toutefois pas obtenus d’indications concernant des attaques sur la centrale nucléaire de Zaporijjia.

Des tirs près de Zaporijjia

Des bombardements russes de l’autre côté du fleuve depuis la principale centrale nucléaire d’Ukraine ont blessé quatre personnes lundi, a déclaré un responsable, quelques heures seulement après les derniers appels internationaux pour épargner la région des attaques afin d’éviter une catastrophe nucléaire.

La ville de Nikopol, située sur la rive opposée du Dniepr et à environ 10 kilomètres en aval de la centrale nucléaire de Zaporijjia, a essuyé trois tirs de roquettes et d’obus de mortier pendant la nuit, touchant des maisons, une garderie, la gare routière et des magasins.

Le maire Oleksandr Saiuk a déclaré que quatre personnes avaient été blessées, dont deux hospitalisées.

Des rapports faisant état de tirs d’artillerie soutenus autour de la plus grande centrale nucléaire d’Europe ont mis en évidence les dangers d’une guerre qui franchira mercredi le cap des six mois.

Après que le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Antonio Guterres, a de nouveau appelé à la prudence lors d’une visite en Ukraine la semaine dernière, le président américain Joe Biden a discuté de la question avec les dirigeants français, allemand et britannique dimanche.

Les quatre leaders ont souligné la nécessité d’éviter les opérations militaires dans la région pour prévenir la possibilité d’un incident nucléaire potentiellement dévastateur et ont demandé que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de l’ONU soit autorisée à visiter les installations dès que possible.

Mais rien ne semblait certain dans le contexte d’une guerre qui a semé la peur et le malaise bien au-delà des lignes de front dans l’est et le sud de l’Ukraine, ainsi que dans la péninsule de Crimée annexée par la Russie et jusqu’à Moscou, où samedi soir, l’explosion d’une voiture a tué la fille d’un idéologue politique russe influent souvent appelé «le cerveau de Poutine».

Lundi, les autorités russes cherchaient d’autres indices qui pourraient être à l’origine de sa mort, après que des informations préliminaires indiquaient que la commentatrice de télévision de 29 ans, Daria Dugina, avait été tuée par un explosif placé dans le véhicule utilitaire sport (VUS) qu’elle conduisait.

Un ancien député de l’opposition russe, Ilya Ponomarev, a déclaré qu’un groupe russe inconnu, l’Armée nationale républicaine, avait revendiqué l’attentat. L’Associated Press n’a pas pu vérifier l’existence du groupe. M. Ponomarev, qui a quitté la Russie après avoir voté contre son annexion de la Crimée en 2014, a fait cette déclaration à la télévision ukrainienne.

Les responsables ukrainiens ont nié toute implication.

En Crimée, l’inquiétude s’est encore accrue après une série d’incendies et d’explosions dans des installations russes au cours des deux dernières semaines. Le gouverneur de la ville de Sébastopol, Mikhail Razvozhaev, a ordonné la mise en place de panneaux indiquant l’emplacement des abris anti-bombes dans la ville, qui a longtemps semblé intouchable.

La déclaration de lundi fait suite à une série d’incursions de drones à Sébastopol, qui abrite la flotte russe de la mer Noire. Un drone a explosé à l’emplacement du siège de la flotte le 31 juillet et un autre a été abattu la semaine dernière. Les autorités affirment également que les systèmes de défense aérienne ont détruit d’autres drones.

M. Razvozhaev a déclaré sur Telegram que la ville est bien protégée, mais «il vaut mieux savoir où se trouvent les abris».

Le président russe Vladimir Poutine n’a pas mentionné l’opération militaire russe en Ukraine lors d’un discours marquant le Jour du drapeau national lundi, mais a fait écho à certaines des justifications citées pour l’envoi de troupes.

«Nous sommes déterminés à poursuivre sur la scène internationale uniquement les politiques qui répondent aux intérêts fondamentaux de la patrie», a déclaré Poutine. Il soutient que la Russie a envoyé des troupes en Ukraine comme une mesure de protection efficace contre l’empiètement de l’Occident.

«Le désir de vivre selon sa volonté, de choisir sa propre voie et de la suivre fait désormais partie du code génétique de notre peuple», a-t-il déclaré.

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