UPA: portes ouvertes à la ferme et enjeux électoraux en agriculture

LONGUEUIL, Qc — Une vingtaine de fermes du Québec accueillent le public samedi et dimanche à l’occasion de l’événement Portes ouvertes Mangeons local, chapeauté par l’Union des producteurs agricoles (UPA).

Viticulteurs, apiculteurs, producteurs de noix, producteurs laitiers et maraîchers font partie de ceux qui feront visiter leur lieu de travail.

Pour le président général de l’UPA, Martin Caron, il s’agit d’une occasion de vulgariser les pratiques agricoles, notamment en ce qui a trait à l’environnement, dans un contexte festif. Il y a effectivement des jeux pour enfants et, surtout, la possibilité de déguster les produits du terroir.

Au-delà de ces journées, M. Caron incite les citoyens à utiliser l’application Mangeons local, qui permet, grâce à la géolocalisation, de découvrir les producteurs agricoles du Québec ou ceux qui utilisent leurs produits, comme des restaurateurs.

Relève, endettement et étalement urbain 

Alors que les chefs des principaux partis politiques en campagne électorale au Québec sont venus à la rencontre de l’UPA dans les derniers jours, M. Caron souligne l’importance de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

«Chacun, à tour de rôle, est venu nous dire que durant la pandémie, les gens ont réalisé que c’était un service essentiel», indique-t-il en entrevue avec La Presse Canadienne depuis Trois-Rivières. 

Il souligne en avoir profité pour mettre de l’avant les principaux enjeux du secteur, à commencer par la relève agricole. 

«La moyenne d’âge ici au Québec est à peu près de 56 ans pour nos producteurs agricoles, explique-t-il. Il faut avoir des programmes qui soutiennent la relève agricole.»

M. Caron mentionne aussi la motivation des producteurs agricoles à s’adapter aux enjeux environnementaux, mais qu’ils ne sont pas assez soutenus et, surtout, ils le sont moins que dans les autres pays. 

«Malheureusement, on crée un endettement sur nos entreprises agricoles. D’ailleurs, sur les 10 dernières années, la dette agricole ici au Québec a doublé. Elle est passée de 12 milliards $ à 25 milliards $», ajoute-t-il. 

À titre de comparaison, les recettes agricoles se chiffrent à 10,6 milliards $ et les bénéfices nets, à 1,3 milliard $. 

La hausse des taux d’intérêt se fait donc particulièrement sentir pour les agriculteurs. 

«Il y a un stress que les producteurs vivent présentement et c’est pour ça qu’on a demandé d’ailleurs des augmentations des budgets pour s’assurer de soutenir les producteurs», plaide-t-il. 

Le président général de l’UPA rappelle également les risques associés à l’étalement urbain alors que les terres agricoles ne représentent que 2 % du territoire.

«On n’a pas plus que ça. À chaque fois qu’on gruge pour les parcs industriels, pour d’autres infrastructures routières, on empiète sur ce territoire agricole. Quand on fait ça, on gruge le garde-manger des Québécois», souligne-t-il, ajoutant que les terres représentent la base de l’autonomie alimentaire de la province.

L’UPA représente quelque 42 000 producteurs agricoles du Québec ainsi que les producteurs forestiers.

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