UQAT: nouvelle chaire de recherche sur les enjeux relatifs aux femmes autochtones

VAL D’OR, Qc — L’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue a choisi l’un de ses professeurs pour diriger sa nouvelle Chaire sur les enjeux relatifs aux femmes autochtones. La professeure Suzy Basile sera à la tête d’un nouveau département, où elle espère attirer plusieurs étudiants de 2e et 3e cycle.

La nouvelle chaire sera financée à hauteur de 500 000$ par le programme fédéral Chaires de recherche du Canada. «L’objectif de la Chaire est de mettre en lumière la réalité des femmes autochtones, explique Suzy Basile. Les femmes autochtones ont été les plus affectées historiquement par les politiques spécifiques du gouvernement fédéral, notamment la Loi sur les Indiens. Elles ont été ciblées particulièrement dans le parcours historique colonial des Premières-Nations.»

Les travaux de la Chaire sur les enjeux relatifs aux femmes autochtones s’articuleront autour de cinq objectifs de recherche, notamment sur la participation des femmes dans la vie politique des communautés autochtones. «Avec l’arrivée des religieux dans les communautés, les femmes ont été malmenées, rappelle Mme Basile. Avant 1951, la Loi sur les Indiens interdisait aux femmes de voter, de se présenter aux conseils de bande. Ça fait à peine 70 ans. 70 ans, c’est récent, dans l’Histoire. C’est l’âge de ma grand-mère», image-t-elle.

Les travaux de la Chaire mettront aussi l’accent sur les efforts de décolonisation nécessaires à une participation pleine et entière des femmes autochtones à la gouvernance territoriale, au renforcement de leurs capacités par l’étude de leur relation à l’environnement et à l’épanouissement de leur société.

Retour de balancier

Suzie Basile refuse de faire un parallèle entre le dossier de l’évolution des femmes au Québec et l’émancipation des femmes autochtones. «On veut comparer la participation des femmes avant et la participation des femmes aujourd’hui, dit la chercheuse. Les motivations des unes et des autres ne sont pas exactement les mêmes. Les femmes autochtones s’impliquent de plus en plus dans les conseils de bande pour mettre la main à la pâte, pour améliorer leurs conditions de vie. C’est une sorte de retour du balancier.»

C’est l’UQAT qui a reçu les fonds et qui a lancé un concours pour trouver un directeur pour sa chaire. C’est la professeure Basile qui a présenté le meilleur dossier, aux yeux du comité de sélection. «Cela fait plusieurs années que l’UQAT se positionne comme un chef de file en matière d’enjeux autochtones souligne Suzie Basile. Avec cette chaire, je pourrai me libérer de certaines tâches administratives et de certaines tâches d’enseignement, pour me consacrer à mes recherches et faire avancer les choses.»

Mme Basile croit que les femmes autochtones vont pouvoir prendre la place qui leur revient dans la société dans les années à venir. «Une femme sur cinq est chef d’un conseil de bande, explique-t-elle. Les femmes autochtones reprennent de plus en plus confiance en elles. Quand elles ont obtenu le droit de se présenter, en 1951, l’establishment masculin était loin d’applaudir. Elles ont fait un grand bout de chemin depuis.»

D’origine atikamek, Suzy Basile est anthropologue de formation, et détient un doctorat en sciences de l’environnement. Elle est membre de diverses organisations autochtones et de plusieurs regroupements de recherche. Elle agit notamment à titre de membre-conseil pour le Groupe de référence sur les bonnes pratiques d’évaluation par les pairs pour la recherche autochtone.

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