Vacances d’été: Legault prêt à rencontrer la FIQ si nécessaire

TROIS-RIVIÈRES, Qc — François Legault est prêt à accepter, en dernier recours, la demande de rencontre de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) sur les vacances d’été des infirmières qui pourraient encore être annulées.

En effet, les infirmières demandent l’abrogation du décret qui donne le pouvoir aux gestionnaires de suspendre ou d’annuler leurs vacances en raison de la pandémie.

Cet arrêté ministériel est reconduit depuis un an et la FIQ exige de rencontrer le premier ministre et son ministre Christian Dubé pour les convaincre d’y mettre fin.

En conférence de presse lundi à Trois-Rivières, M. Legault a assuré que les gestionnaires du réseau n’invoquaient que rarement l’arrêté ministériel actuellement.

Il a toutefois ajouté qu’il y a encore 500 patients COVID dans les hôpitaux et il ne faut pas qu’il y ait de rupture de services. 

«Malheureusement, on est encore obligé d’avoir ce décret d’urgence. On en parle chaque semaine au conseil des ministres et on se demande si c’est encore nécessaire.» 

M. Legault compte sur son ministre Christian Dubé pour faire entendre raison à la FIQ, parce que selon lui, le décret est encore nécessaire.

«Je vais les rencontrer si ce ne n’est pas réglé avec Christian, mais j’ai bon espoir que Christian va leur expliquer qu’à l’impossible, nul n’est tenu.»

En outre, le premier ministre a laissé entendre qu’il souhaitait de toute façon rencontrer le syndicat des infirmières, pour faire avancer les négociations en vue du renouvellement de la convention collective, échue depuis un an.   

Le décret 2020-007 avait été parrainé par l’ex-ministre de la Santé, Danielle McCann, et adopté le 21 mars 2020, suspendant aussitôt l’application des conventions collectives.

Il stipule que les gestionnaires du réseau ont le pouvoir de suspendre ou d’annuler les congés de toute nature des employés, incluant les vacances déjà autorisées. Ils peuvent aussi modifier les horaires de travail. Chaque journée «régulière» de travail ne devra pas dépasser 12 heures, ce qui n’empêchera pas le temps supplémentaire obligatoire.

Par la voix de leur syndicat, les infirmières avaient décidé l’an dernier de recourir aux tribunaux pour tenter de faire annuler le décret. En juillet, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), qui regroupe 76 000 membres, avait déposé une requête en ce sens en Cour supérieure, une affaire toujours pendante.

Elle faisait valoir que le décret gouvernemental portait atteinte aux droits de ses membres, au regard des chartes canadienne et québécoise des droits. 

Dans les prochains jours, la FIQ prévoit d’ailleurs souligner à sa façon le premier anniversaire du décret 007, en faisant valoir que le gouvernement se sert de cet outil pour combler en fait des pénuries de personnel qui existaient bien avant son adoption.

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