Vacances d’été : les 75 jours les plus meurtriers sur les routes sont amorcés

MONTRÉAL — La saison la plus meurtrière sur les routes du Québec a débuté depuis quelques jours et, déjà, «ça suit la tendance» des années précédentes, a prévenu le directeur de la Fondation CAA-Québec, Marco Harrison.

D’après CAA, la période de 75 jours qui sépare la Saint-Jean-Baptiste de la fête du Travail est historiquement celle où le plus d’accidents de circulation mortels surviennent dans la province.

«On compte déjà 5 décès sur les routes en 6 jours», a indiqué M. Harrison lors d’une entrevue téléphonique jeudi.

En 2021, un total de 92 décès avaient eu lieu durant ces deux mois et demi, d’après le bilan routier de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ). Bien que cette période ne corresponde qu’au cinquième de l’année, elle a vu plus du quart de ses 347 décès.

C’est la saison où «on voit beaucoup de motocyclistes, de cyclistes, il y a plus de piétons sur les rues», et plus de trafic veut dire plus d’accidents, a expliqué le porte-parole de la SAAQ, Mario Vaillancourt, en entrevue téléphonique.

«Malheureusement, le partage de la route est encore une chose difficile à comprendre pour certains des usagers», a ajouté M. Harrison.

Il a aussi souligné qu’il y a «un affluent de visiteurs qui viennent de l’extérieur, que ce soit d’une autre province ou des États-Unis». Il y a «un nombre substantiellement plus élevé de véhicules récréatifs sur les routes», a-t-il ajouté, rappelant que «durant les deux années de pandémie, il y a eu un engouement pour ce type de véhicules et il s’en est vendu beaucoup».

Le sondage annuel de CAA sur les intentions de voyages estivaux, publié le 1er juin, indique que presque la moitié (45 %) des Québécois prévoient se déplacer à l’intérieur de la province, contre 28 % qui iront ailleurs au Canada ou à l’étranger et 20 % qui resteront chez eux.

Vitesse et distraction

MM. Harrison et Vaillancourt s’entendent sur le fait que les causes principales des accidents sont la distraction et la vitesse au volant.

«La plupart des gens sont en vacances, donc je ne vois pas l’urgence de rouler vite, d’être distrait, a ajouté M. Harrison. Disons qu’on roule à 110 km/h au lieu de 90 km/h sur une route où la limite de vitesse, c’est 90. Eh bien, sur 20 km, vous allez gagner à peine 2 minutes. Est-ce que ça vaut vraiment la peine ?»

Il a tenu à rappeler l’importance de rester à l’affût, de s’assurer d’être vu et de toujours garder une distance de sécurité avec les autres voitures, afin de toujours avoir la marge de manœuvre pour freiner brusquement ou éviter un obstacle.

«Planifiez donc votre trajet à l’avance, maintenant il y a une foule d’applications ou des sites sur internet où on peut aller regarder le trajet qu’on veut effectuer. (…) Y a-t-il des embûches durant le trajet, y a-t-il des travaux sur le trajet que je veux utiliser ? Parce que ça va influencer le déplacement.»

Du côté de la SAAQ, on met aussi en garde contre les conséquences la fatigue au volant lors des longs trajets des vacances avec la campagne de sensibilisation «Arrêtez-vous avant que la fatigue ne vous arrête», lancée dans les dernières semaines.

Malgré tout, «depuis une bonne dizaine d’années, le bilan routier s’est quand même amélioré, a tempéré M. Vaillancourt. Le nombre d’accidents comme tel est en baisse.» Il a toutefois rappelé qu’«un décès en est toujours un de trop».

En 2011, le nombre de décès était de 479, soit 132 de plus qu’en 2021.

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