Vaccin: des personnes avec un handicap physique ou intellectuel seront priorisées

MONTRÉAL — Certaines personnes ayant un handicap physique, une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme seront finalement priorisées pour la vaccination contre la COVID-19 — mais pas toutes.

Car cette priorisation ne vise que celles de plus de 18 ans qui habitent dans certains milieux de vie comme des ressources intermédiaires (RI) et des ressources de type familial (RTF). Elles n’auront pas besoin de prendre de rendez-vous, puisqu’elles seront vaccinées directement dans les résidences où elles vivent.

Cette nouvelle mesure bénéficiera à environ 13 000 Québécois plus vulnérables — qui verront plus rapidement la seringue — et le gouvernement estime même qu’elles pourront être vaccinées dès le mois d’avril.

Jusqu’à ce changement de cap, ces personnes devaient attendre leur tour et être vaccinées en même temps que les autres de leur groupe d’âge: un jeune autiste de 30 ans, par exemple, ne pouvait espérer être vacciné avant des mois.

Mardi soir, le gouvernement avait aussi fait savoir que les personnes «lourdement handicapées» vivant à domicile seront également priorisées pour le vaccin contre la COVID-19. Il est toutefois possible que certaines d’entre elles, plus âgées, aient déjà été inoculées à la maison, puisque ce volet de la campagne de vaccination a débuté il y a quelques jours, a précisé mercredi le ministère de la Santé. 

Par contre, ceux qui ont handicap physique, une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme mais qui habitent avec leurs familles, ou de façon autonome, n’auront pas le vaccin plus rapidement, déplorent des organisations qui se sont battues pour eux. 

L’annonce ne les satisfait donc que partiellement.

«C’est une excellente nouvelle pour ceux qui sont prisonniers de leurs milieux résidentiels depuis des mois», a déclaré en entrevue Lili Plourde, présidente du conseil d’administration de la Fédération québécoise de l’autisme.

«Par contre, cela laisse un autre pan de la population qui ne sera toujours pas priorisé, c’est-à-dire ceux qui vivent avec leurs familles.»

Ils sont plus vulnérables parce qu’ils reçoivent souvent des soins et des services chez eux, et que ce ne sont pas les mêmes professionnels qui se présentent d’une fois à l’autre. Pour limiter leur exposition à une multitude de gens, et au risque de contagion, certaines familles ont cessé de recevoir de l’aide à domicile, et la personne qui en bénéficiait en souffre, a-t-elle donné en exemple. 

Mais cet arrêt de services va avoir un impact sur leur développement et sur leur vie future, ajoute Anik Larose, la directrice générale de la Société québécoise de la déficience intellectuelle.

Elle imagine que le gouvernement a choisi de procéder de cette façon parce que c’est plus facile et accommodant: il n’y a pas de rendez-vous à prendre, donc moins de logistique à ficeler, et le nombre de personnes qui auront droit à la priorisation sera limité.

«Mais ça ne règle pas la question des autres personnes qui sont hautement vulnérables», dit-elle. Elle explique qu’il peut être difficile pour celles ayant une déficience intellectuelle de respecter en tout temps les gestes barrières: elles oublient ou ont de la difficulté à porter un couvre-visage.

Et puis, certaines conditions comme la trisomie viennent avec des problèmes physiologiques, telles que des difficultés cardiaques ou respiratoires, ce qui les rend plus vulnérables, a-t-elle ajouté.

Le risque est donc aussi grand pour ceux qui vivent dans la communauté, conclut-elle, déplorant que le gouvernement n’ait pas plus largement étendu la priorisation pour le vaccin. «Cela aurait pu faire une réelle différence, pour plus de gens.»

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