Vaccin: Ottawa a conclu une entente avec Pfizer pour 20 millions de doses de plus

Ottawa a conclu une entente avec l’entreprise pharmaceutique Pfizer pour l’achat de 20 millions de doses additionnelles de vaccin contre la COVID-19, et la livraison de certaines d’entre elles sera en mode accéléré, a annoncé mardi le premier ministre Justin Trudeau.

«Avec cette nouvelle, on se rapproche encore plus de notre objectif, qui est d’offrir des vaccins à tous les Canadiens d’ici l’automne (fin septembre)», s’est-il réjoui en conférence de presse devant sa résidence de Rideau Cottage, à Ottawa.

Au total, 80 millions de doses seront livrées au pays cette année, a-t-il dit, et cela, uniquement grâce aux ententes avec les entreprises pharmaceutiques Moderna (40 millions de doses) et Pfizer (40 millions, en incluant les 20 millions annoncées mardi).

Ces deux vaccins, les seuls approuvés au pays pour l’instant, nécessitent l’administration de deux doses pour fournir leur pleine efficacité.

Ottawa assure avoir informé les provinces du total de doses qu’elles recevront chaque semaine d’ici la fin de février.

«En plus de cela, nous continuons notre travail afin d’obtenir encore plus de vaccins, le plus rapidement possible», a ajouté le premier ministre. 

Le calendrier de livraison

Ainsi, il a souligné qu’une entente a aussi été conclue avec Pfizer pour accélérer la réception des commandes. Certaines doses de vaccin (environ 2 millions) devant être livrées d’ici la fin du mois de septembre le seront désormais d’ici la fin juin, a précisé dans une autre conférence de presse, le même jour, Anita Anand, la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement.

Pour les livraisons d’ici la fin mars, soit 6 millions de doses, le calendrier n’a pas changé. Quelque trois millions de Canadiens faisant partie des catégories prioritaires — dont les personnes vulnérables et les travailleurs de la santé — devraient ainsi être vaccinés.

Et d’ici la fin juin, le pays aura assez de doses pour vacciner jusqu’à 20 millions de personnes, a assuré mardi le premier ministre Justin Trudeau.

Toutefois, après vérification auprès du cabinet de la ministre Anand, il appert que ce dernier chiffre tient compte de livraisons d’autres entreprises pharmaceutiques, dont le candidat vaccin n’a pas encore reçu le feu vert de Santé Canada.

Et en ce qui concerne l’objectif de vacciner tout le monde (le pays compte près de 38 millions de citoyens) d’ici la fin de septembre, une question demeure: cela signifie-t-il que les Canadiens recevront dans cet échéancier une ou deux doses? Au moins la première, a répondu la ministre Anand, assurant qu’elle travaille d’arrache-pied pour raccourcir les délais de livraison.

Le sort de la 2e dose

Vu les délais d’approvisionnement, certaines provinces, dont le Québec, ont choisi de prendre les deuxièmes doses — initialement réservées pour ceux ayant déjà reçu la première — pour plutôt vacciner un maximum de personnes. 

Mais vendredi dernier, Ottawa a signalé qu’outre la question de l’efficacité du vaccin si la deuxième dose n’est pas administrée dans le délai indiqué par les fabricants (trois ou quatre semaines après, selon la sorte), il pouvait être plus ardu de négocier la livraison rapide si leurs directives n’étaient pas suivies.

Cette crainte d’Ottawa demeure.

Et si l’on aurait pu penser que l’entente avec Pfizer pour 20 millions de nouvelles doses a démontré que cela n’avait pas d’importance, il n’en est rien, a fait savoir le cabinet de la ministre Anand.

Car Ottawa s’est procuré ces doses supplémentaires en exerçant une option prévue à son contrat initial. Il n’a pas eu à renégocier, a-t-on fait savoir. Et il est encore en train de négocier.

Quant à savoir si le vaccin demeure efficace si la seconde dose est retardée, le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) devait remettre son rapport mardi à l’Agence de santé publique du Canada.

Selon la présidente de ce comité fédéral, la Dre Caroline Quach, il recommande que les deuxièmes doses des vaccins de Pfizer et de Moderna soient injectées au maximum six semaines après la première, a-t-elle révélé en entrevue mardi à Radio-Canada. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rédigé un avis similaire.

L’administrateur en chef adjoint de l’Agence de la santé publique du Canada, le Dr Howard Njoo, a indiqué en conférence de presse que la suggestion lui semblait acceptable, compte tenu de la situation et vu la disponibilité limitée des vaccins. 

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