Vaccination: la classe politique dénonce la sortie des évêques catholiques

QUÉBEC — Tous les partis représentés à l’Assemblée nationale dénoncent la sortie de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) contre les vaccins d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a lancé le bal mercredi en dénonçant «vigoureusement» les propos de la CECC et en invitant les gens à se fier aux experts, qui disent que ces vaccins sont efficaces.

Dans un communiqué, la CECC a conseillé à ses fidèles d’éviter les vaccins d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson parce qu’ils seraient conçus à partir de «lignées cellulaires dérivées de l’avortement».

Les deux pharmaceutiques ont plus tard démenti cette information dans les médias, affirmant que leurs vaccins ne contenaient dans les faits aucun tissu foetal.

Jeudi, c’était au tour des partis d’opposition de sermonner les évêques catholiques, qu’ils trouvent irresponsables dans le contexte de la pandémie.

Selon la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, «la science, c’est la science». Elle s’explique mal que les évêques catholiques semblent vouloir un accommodement religieux.

En point de presse, elle a soutenu que leurs propos étaient carrément «irresponsables», compte tenu de l’importance de vacciner «le maximum de personnes».

Même son de cloche du côté de Québec solidaire (QS). Son porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, a qualifié la déclaration de la CECC de «regrettable».

Il estime que les gens qui ont une autorité morale dans la société ont la responsabilité de ne pas directement ou indirectement affecter la confiance des gens dans les vaccins.

«Les évêques ont manqué à leur responsabilité morale, a-t-il martelé. Ils ont fait une très mauvaise utilisation de leur autorité morale.»

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a renchéri en affirmant que les vaccins, dont celui d’AstraZeneca, sont sécuritaires. 

«On est en pandémie. On a besoin de chaque dose de vaccin. Tous les vaccins qui sont autorisés sont sécuritaires et doivent être utilisés. C’est aussi simple que ça.»

En soirée, le bureau de la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, a rappelé aux Canadiens l’importance de s’informer auprès de sources crédibles.

«Les vaccins sauvent des vies. Nous vous encourageons à vous faire vacciner lorsque votre tour viendra. Si vous avez des questions sur les vaccins, n’hésitez pas à parler à un professionnel de la santé.» 

Dans son communiqué, la CECC demande aux gouvernements de «faire en sorte que les vaccins contre la COVID-19 ne créent pas de dilemme éthique pour les Canadiens».

Si l’on a le choix entre différents vaccins, il faut toujours préférer et choisir le vaccin le moins lié à des lignées cellulaires dérivées de l’avortement, ont ajouté les évêques catholiques.

Il est actuellement impossible au Canada de choisir le type de vaccin que l’on souhaite se faire administrer. 

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