Vaccination: Ottawa reconnaît les efforts des provinces, mais sert un avertissement

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau a adouci le ton au sujet de la vitesse de la campagne de vaccination en cours, au lendemain d’une rencontre virtuelle avec les premiers ministres des provinces. Peu de temps après, sa ministre de l’Approvisionnement leur a toutefois servi un avertissement au sujet de la deuxième dose. 

Après les tensions des derniers jours, M. Trudeau a vanté la collaboration entre le gouvernement fédéral et ceux des provinces et des territoires qui doivent être au centre de la stratégie de vaccination. 

«Je pense que ça demeure extrêmement important qu’on travaille ensemble. (…) Ce que les Canadiens veulent voir, c’est leurs différents dirigeants, leurs responsables en train de collaborer, en train de s’assurer qu’on est en train de faire tout ce qui est nécessaire pour aider les gens. C’est exactement la conversation qu’on a eue hier soir», a-t-il soutenu, en conférence de presse à Rideau Cottage vendredi.

Pas plus tard que mardi, M. Trudeau avait exprimé sa frustration au sujet de la campagne de vaccination dans les provinces, qu’il souhaitait plus rapide. Il avait demandé pourquoi autant de doses étaient dans les congélateurs au lieu d’être «dans les bras des Canadiens vulnérables».

La sortie de M. Trudeau avait suscité de vives réactions auprès des premiers ministres des provinces, qui ont jeté la faute sur le gouvernement fédéral qui ne fournit pas suffisamment de doses, à leur avis. Le Québec et l’Ontario ont depuis accéléré la cadence, en vaccinant plus de 10 000 personnes par jour. 

M. Trudeau a reconnu leurs efforts, vendredi. «Il y a toujours une période de rodage du système et on est là pour continuer d’aider les provinces qui accélèrent le pas d’une façon assez impressionnante au cours de cette semaine et des semaines à venir», a-t-il affirmé. 

Il n’a cependant pas voulu dire s’il s’était excusé auprès des premiers ministres des provinces pour ses propos du début de la semaine. 

Inquiétudes au sujet de la 2e dose

Le ton était moins jovial du côté de Santé et d’Approvisionnement Canada, deux ministères qui ont exprimé des réserves au sujet de la décision de certaines provinces – dont le Québec – de retarder la deuxième dose des vaccins Pfizer et Moderna.

Moderna demande que deux doses soient administrées à 28 jours d’intervalle. Les essais cliniques de Pfizer reposaient quant à eux sur l’administration d’une deuxième dose après 21 jours. 

Le scénario dévoilé par Québec cette semaine prévoit quant à lui un délai de trois mois entre les deux doses pour les populations prioritaires, soit les personnes âgées de 70 ans et plus ainsi que les employés du réseau de la santé, afin d’immuniser le plus grand nombre de personnes rapidement. 

«La deuxième dose devrait être aussi près du calendrier approuvé que possible», a averti la Dre Supriya Sharma, conseillère médicale en chef pour Santé Canada.

La ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Anita Anand, dit qu’il en va de la confiance des fournisseurs des vaccins, avec qui elle est en contact sur une base régulière. 

«Alors que nous demandons des livraisons supplémentaires de façon accélérée, nous devons être capables de leur démontrer que le Canada suit les consignes», a-t-elle insisté.

«Ce n’est pas seulement d’un point de vue de la santé, (…) mais il y a aussi une question d’approvisionnement.»

6 millions de doses d’ici fin mars

Le Canada devrait avoir à sa disposition d’ici la fin mars, comme prévu, six millions de doses de vaccins – quatre millions de Pfizer, deux millions de Moderna – permettant de vacciner, en principe, trois millions de personnes à deux doses chacune. 

Les livraisons de Moderna ont lieu toutes les trois semaines; les deux prochaines livraisons, la semaine prochaine et début février, compteront 171 600 doses chacune. Ce chiffre devrait augmenter pour atteindre 250 000 doses d’ici la fin février, puis 1,24 million de doses à la fin mars.

Pfizer livre ses doses chaque semaine. Cette semaine, le Canada en a reçu 124 800 qui ont été acheminées à 68 sites de livraison à travers le pays. À la fin janvier, on pourra s’attendre à quelque 208 650 doses aux provinces sur une base hebdomadaire et, en février, entre 366 000 et 367 000.

Le major général Dany Fortin, en charge de la distribution des vaccins, a déclaré vendredi que les chiffres du mois de mars étaient encore à confirmer, mais qu’il s’attendait à recevoir au moins quatre millions de doses de Pfizer au premier trimestre. 

«J’ai confiance que les quantités vont augmenter d’une façon significative à partir d’avril en montant pour ce qui est des vaccins homologués», a-t-il déclaré. 

Santé Canada est toujours en train d’évaluer les candidats vaccins d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson. 

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