Vaccins: professeurs pénalisés par les plages horaires disponibles, déplore la CSQ

MONTRÉAL — Les membres du personnel des écoles primaires et secondaires et des milieux de garde au Québec peuvent maintenant se faire vacciner. Or, ils doivent le faire en dehors des heures de cours, ce que déplore la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). 

Elle réclame plus de flexibilité pour les 110 000 employés du réseau scolaire qu’elle représente, dans 58 commissions scolaires anglophones et centres de services scolaires francophones à travers la province.

«Alors qu’il appelle le grand public à se faire vacciner depuis des semaines, le gouvernement ne prêche même pas par l’exemple à l’endroit de ses propres employés de l’éducation et de la petite enfance, qui comptent pourtant comme des lieux d’éclosion en importance de la COVID-19 et de ses variants», explique Sonia Ethier, présidente de la CSQ, par voie de communiqué.

«Ces personnes sont pénalisées parce qu’elles bénéficient de moins de plages horaires disponibles que la population et qu’elles devront attendre plus longtemps avant d’avoir un rendez-vous respectant la directive du gouvernement», ajoute-t-elle.

«Rappelons qu’il existe pourtant plusieurs établissements, autant publics que privés, qui octroient des libérations pour favoriser la vaccination. Le refus de libérer le personnel de l’éducation sur les heures de travail n’est pas cohérent ni conséquent avec la volonté de la Santé publique de vacciner le plus grand nombre de personnes, et ce, le plus rapidement possible.»  

Des pistes de solutions

Les plages de rendez-vous en soirée ou les fins de semaine sont complètes des jours, voire des semaines à l’avance dans certaines cliniques. 

Les périodes moins achalandées sont bien souvent les seules plages horaires disponibles rapidement, indique la CSQ qui suggère des plages horaires supplémentaires dédiées au personnel scolaire et des cliniques mobiles. 

Amené à réagir à la suggestion d’organiser des cliniques de vaccination mobile dans les écoles pour vacciner le personnel, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a mentionné en avoir discuté avec la Santé publique. 

«L’idée n’a pas été retenue pour l’instant, a-t-il indiqué. Ça limite le nombre de vaccins qu’on peut faire en une journée. Et je pense qu’en ce moment on est dans un contexte de vaccination massive. On veut vacciner le plus de personnes possible chaque jour.»

La députée et porte-parole de Québec solidaire en matière d’éducation, Christine Labrie, pense au contraire qu’inviter le personnel scolaire à se faire vacciner dans les mêmes centres que le reste de la population est ce qui occasionne un engorgement et des «délais importants» dans la campagne en cours. 

«M. Roberge écarte systématiquement toutes les idées qui ne sont pas les siennes, visiblement sa solution à lui (…) ne fonctionne pas», dit-elle. 

Quant à la possibilité pour le personnel enseignant de se faire vacciner durant les heures de travail, le ministère de l’Éducation a précisé mardi que cela relève de la gestion du personnel et qu’il appartient aux centres de services scolaires de mettre en œuvre cette orientation.

Soulignons que Québec solidaire (QS) avait notamment proposé que tous les travailleurs puissent bénéficier d’une pause de quatre heures payées afin qu’ils puissent aller se faire vacciner, comme c’est le cas pour aller voter. 

QS a même demandé que cette «pause-vaccin» soit imposée aux employeurs par décret ou en modifiant rapidement la Loi des normes du travail. 

Vaccination pour le personnel des cégeps et des universités

Par ailleurs la CSQ demande à Québec d’inclure les professeurs des cégeps et des universités à la liste de travailleurs essentiels. Elle s’explique mal pourquoi ils sont exclus puisque les enseignants des cycles supérieurs dans les zones orange et jaune doivent donner des cours en personne. 

Ils s’exposent ainsi à leurs élèves, qui côtoient plusieurs groupes de personnes dans le cadre de leurs cours, travaux d’équipes ou emplois à temps partiel. 

État de situation

Il y avait 201 éclosions actives sur le territoire de la Capitale-Nationale en date du 19 avril, dont 148 dans les milieux de travail, 15 dans les milieux scolaires et 6 dans les milieux de garde. 

Pour l’île de Montréal, les plus récentes données datant du 13 avril rapportent 266 éclosions actives, dont 118 dans les milieux de travail, 83 dans les milieux scolaires et 34 dans les milieux de garde. 

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Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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