Variant de la COVID-19: on pourrait voir sa transmission en premier dans les écoles

MONTRÉAL — Selon les projections de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), un nouveau variant de la COVID-19 pourrait frapper en premier les écoles du Grand Montréal, puisque les établissements scolaires sont l’un des endroits où il y a le plus de contacts actuellement.

Il s’agit de l’un des résultats des modèles qu’il a réalisés afin de prédire l’évolution de la COVID-19 au Québec, dévoilés mercredi matin lors d’un breffage technique. 

L’INSPQ se livre à cet exercice de façon périodique et cette fois-ci, il s’est penché plus spécifiquement sur l’impact potentiel d’un variant «plus transmissible» que la souche de base, comme c’est le cas du variant dit «britannique». 

Les projections de l’Institut doivent être considérées comme hypothétiques, puisque les données sur les variants sont encore limitées et elles ne s’appliquent cette fois-ci qu’au Grand Montréal — là où il y a actuellement le plus grand nombre de variants.

Jusqu’à maintenant, 16 cas de variant de la COVID-19 ont été confirmés au Québec et 135 cas potentiels sont sous investigation. 

Le modèle réalisé par l’INSPQ prédit notamment une augmentation «potentielle» des cas du variant chez les 6 à 17 ans, liée aux contacts scolaires.

«Ce que le modèle prédit, c’est que là où on pourrait voir la transmission du variant en premier, c’est dans les écoles, parce qu’il y a plus de contacts dans ces milieux-là», a expliqué lors du breffage l’un des auteurs de l’étude, Marc Brisson, un collaborateur de l’INSPQ et directeur du Groupe de recherche en modélisation mathématique et en économie de la santé liée aux maladies infectieuses de l’Université Laval.

Ce constat sur la transmission du variant survient à l’aube de la semaine de relâche et du plus récent allégement des mesures sanitaires, comme la réouverture des cinémas, des piscines et des arénas en zone rouge à partir du 26 février — les modélisations de mercredi n’en tiennent toutefois pas compte, l’INSPQ les ayant appris au même moment que la population, soit mardi en fin de journée.

L’INSPQ note toutefois que les contacts entre jeunes dans les écoles vont évidemment diminuer durant la semaine relâche. 

Reste à voir l’impact sur le retour en classe par la suite.

Hausse possible des cas

Les modèles de l’INSPQ suggèrent aussi que les mesures «électrochoc» imposées par le gouvernement québécois le 8 janvier, incluant le couvre-feu, «étaient possiblement suffisantes pour limiter une augmentation substantielle de la transmission d’un nouveau variant».

Sauf que les mesures sanitaires ont été assouplies par la suite, le 8 février, alors que les centres commerciaux, les salons de coiffure et les musées ont rouvert.

Cet allègement des mesures sanitaires ne serait pas sans conséquence: il pourrait permettre une augmentation des nouveaux cas, pouvant même aller à quelque 2000 par jour, si l’adhésion aux mesures diminue et si un variant «plus infectieux» circule dans le Grand Montréal, souligne M. Brisson. 

Car si l’on voit actuellement une diminution à chaque jour des nouveaux cas, cela ne veut pas dire que le  variant ne se transmet pas dans la communauté, avertit-il.

Ce variant britannique est plus infectieux et il y a des données de plus en plus solides à l’effet qu’il pourrait être plus agressif et plus mortel, notamment pour les personnes âgées vulnérables, a d’ailleurs indiqué Jocelyne Sauvé, vice-présidente aux affaires scientifiques à l’INSPQ.

L’ampleur de cette augmentation potentielle va dépendre de trois facteurs: l’adhésion de la population aux consignes sanitaires — notamment en évitant les visites chez les amis et la famille — la transmissibilité et la sévérité de la souche du variant par rapport à la souche initiale, et enfin le nombre de cas du variant importés de l’étranger.

L’INSPQ s’est toutefois fait plus rassurant sur les hospitalisations et les décès.

Lors de la première vague de la COVID-19, au printemps dernier, les décès ont eu lieu majoritairement chez les résidants des CHSLD. Or, ils sont maintenant pratiquement tous vaccinés, ainsi que les travailleurs de la santé qui prennent soin d’eux. Pareille hécatombe n’est donc pas envisagée avec les données actuelles, mais cela va dépendre des gens de 60 ans et plus et à quel point ils respectent les mesures sanitaires, estime Mme Sauvé.

«La suite de ce qu’on va voir avec le variant, c’est encore incertain, et ça dépend de tout le monde. Il faut être très vigilants», a tranché M. Brisson.

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