Variants: l’approbation des vaccins sera rapide, selon la Dre Supriya Sharma

OTTAWA — La conseillère médicale principale à Santé Canada affirme que son ministère reçoit et examine constamment toutes les données sur les vaccins contre la COVID-19 et les variants du virus, et assure qu’il sera prêt à autoriser rapidement les injections de rappel nécessaires lorsqu’elles seront disponibles.

Mais la Dre Supriya Sharma a noté que les trois vaccins autorisés au Canada jusqu’à présent offrent une excellente protection et, avec des mesures de santé publique, peuvent aider à ralentir la propagation du virus et potentiellement l’empêcher de muter encore plus.

«Nous savions que cela allait arriver, que nous aurions des variants», a-t-elle expliqué en entrevue avec La Presse Canadienne.

Les coronavirus ne mutent pas aussi rapidement que la grippe, mais changent à mesure qu’ils se propagent parmi les gens, et plus ils se propagent, plus ils changent. La Dre Sharma a déclaré que par conséquent, plus la propagation est lente, moins nous verrons de variants.

«Un virus ne mute pas autant lorsqu’il ne peut pas se répliquer», a-t-elle souligné.

Trois variants préoccupants ont maintenant été détectés au Canada, notamment le B.1.1.7, identifié pour la première fois au Royaume-Uni, le B. 1.351, identifié en Afrique du Sud, et le P. 1, identifié au Brésil.

Les vaccins autorisés au Canada, soit ceux de Pfizer-BioNTech, Moderna et Oxford-AstraZeneca, semblent tous avoir de très bons résultats contre le B.1.1.7, qui est le variant le plus courant à ce jour au Canada.

La Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique, a déclaré mercredi que 1324 cas de B.1.1.7, 103 de B. 1.351 et trois de P. 1 avaient été identifiés à travers le Canada.

En Israël, où plus de la moitié de la population a reçu au moins une dose du vaccin de Pfizer-BioNTech, des études ont montré des réductions significatives de la propagation du virus, des hospitalisations et des décès. Le variant B.1.1.7 est dominant en Israël, représentant plus de 80 % des cas qu’on y trouve actuellement.

Le variant B. 1.351 est un peu plus préoccupant pour les vaccins. L’Afrique du Sud a complètement cessé d’utiliser le vaccin d’AstraZeneca après que des tests de laboratoire eurent suggéré qu’il ne serait pas très efficace contre des cas bénins du variant B. 1.351, qui est dominant dans ce pays.

Cette décision a contribué à des inquiétudes croissantes concernant le fait que le vaccin d’AstraZeneca soit moins efficace, mais la Dre Sharma a déclaré que les détails ne sont pas si simples.

«Maintenant, dans les cas de maladie grave ou de cas plus graves, il semble en fait qu’il a encore un effet assez protecteur», a-t-elle déclaré.

«Mais dans un pays où c’est le variant en circulation dominant, et dans un pays où ils ont potentiellement eu accès à un autre vaccin rapidement, ils ont pris la décision de ne pas aller de l’avant avec celui-là», a-t-elle indiqué.

Si le B. 1.351 devient une souche dominante ici, et que les vaccins ne montrent pas d’efficacité contre lui, ils seront retirés, a-t-elle ajouté.

«Nous ne laisserions pas un vaccin sur le marché, si nous pensions qu’il ne serait pas efficace pour l’ensemble de la population», a-t-elle déclaré.

Les trois fabricants de vaccins doivent continuer à donner à Santé Canada toute information dont ils disposent sur la façon dont leurs injections réagissent aux nouveaux variants.

La plupart travaillent déjà sur des injections de rappel pour remédier aux limites que leurs vaccins d’origine pourraient avoir.

Lorsque ces injections de rappel seront prêtes, Santé Canada n’aura pas besoin de beaucoup de temps pour les examiner, a expliqué la Dre Sharma.

«Nous travaillons avec nos partenaires réglementaires internationaux (…) pour fournir aux entreprises des conseils sur le type de preuves dont nous aurions besoin pour un vaccin mis à jour», a-t-elle indiqué.

Santé Canada a travaillé avec la Food and Drug Administration des États-Unis et l’Agence européenne des médicaments pour établir des lignes directrices similaires sur ce que les entreprises devaient faire pour faire approuver leurs vaccins contre la COVID-19 une première fois.

Les autorisations du Canada étaient indépendantes, mais elles ont été complétées aux côtés de celles des États-Unis et de l’Europe.

Toutes les injections de rappel seraient traitées de la manière dont Santé Canada traite le vaccin antigrippal chaque année, qui est ajusté annuellement pour tenir compte des changements dans les souches grippales dominantes.

Des essais cliniques et des tests de laboratoire à plus petite échelle, qui peuvent être terminés et examinés beaucoup plus rapidement, sont probables.

«Ils devront encore démontrer que le vaccin qui sortira est toujours sécuritaire, efficace et de haute qualité», a-t-elle assuré.

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