La variole simienne au Québec est «préoccupante», mais n’a rien à voir avec la COVID

C’est au Québec que l’on dénombre le plus de cas de variole simienne et de loin. 

Vendredi, en faisant le point sur la situation à Ottawa, l’administratrice en chef de la santé publique, Theresa Tam, et son adjoint, Howard Njoo, rapportaient que le Québec comptait 52 cas confirmés sur un total de 58 au Canada. Dans les minutes suivantes, le ministère de la Santé du Québec publiait une mise à jour indiquant que le Québec compte plutôt 71 cas confirmés en date du 2 juin, soit jeudi. 

Les docteurs Tam et Njoo ont toutefois tous deux précisé à quelques reprises que «ce n’est pas une pandémie comme la COVID-19».

Pas aussi contagieux ou virulent que la COVID

D’une part, la variole simienne n’est pas du tout aussi contagieuse que la COVID. Sa transmission se fait principalement par des contacts intimeset, d’autre part, les autorités de santé publique du Québec sont à procéderà un traçage serré des contacts des cas confirmés.

Plus tôt cette semaine, dans un courriel transmis à la demande de La Presse Canadienne, le ministère de la Santé du Québec précisait d’ailleurs que «la transmission interhumaine est relativement limitée et peut se produire principalement par le biais de grosses gouttelettes respiratoires par contact prolongé face à face».

«Le contact doit être direct avec fluides corporels, la lésion ou (…) avec des vêtements, du linge ou de la literie contaminés» ajoutait-on, tout en rappelant que «de façon générale, les personnes infectées présentent des symptômes légers, qui disparaissent après 14 à 21 jours, et ne nécessitent pas d’hospitalisation».

«Situation préoccupante»

Malgré tout, les deux médecins n’ont pas caché qu’ils suivent la situation de près. «Oui, pour moi, pour tout le monde, au Québec, c’est une situation préoccupante», a reconnu le docteur Njoo. 

Contrairement au directeur national de la santé publique du Québec, Luc Boileau, les deux médecins fédéraux ont constamment parlé de «groupes à risque» sans jamais préciser, comme l’avait fait le docteur Boileau la semaine dernière, que le groupe à risque en question, au Québec, est composé d’hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes.

«Présentement, cela implique un groupe spécifique d’individus qui ont des contacts sexuels rapprochés et intimes. C’est le groupe sur lequel nous nous concentrons pour le moment», a dit la docteure Tam, par exemple. «Le virus n’est pas encore allé au-delà des groupes à risque, mais ça pourrait arriver et nous devons être prêts», a-t-elle ajouté à un autre moment.

À ce sujet, Howard Njoo a expliqué que «la crainte, c’est s’il y a des cas qui commencent à être signalés dans les familles avec des femmes enceintes ou des jeunes enfants. Ça c’est plus préoccupant parce que les conséquences pourraient être plus graves pour les femmes enceintes et les jeunes enfants». 

Briser les chaînes de transmission

C’est pourquoi «il est important en ce moment d’agir rapidement et dans l’urgence pour freiner les chaînes de transmission», a martelé la docteure Tam. «Je rappelle à tout le monde que les chaînes de transmission peuvent être brisées par des moyens non pharmaceutiques. La difficulté pour le moment est de faire le traçage de contacts dans le groupe le plus touché», a-t-elle fait valoir.

Howard Njoo a ajouté une précision utile visant les moins jeunes: «Il y a un certain niveau d’immunité pour les personnes plus âgées qui ont eu une vaccination contre la variole». Ce vaccin se donnait jusque dans les 1970. La variole telle qu’on la connaissait avant le 21e siècle a toutefoisété déclarée éradiquée en 1979 après d’importants efforts de vaccination à l’échelle mondiale, mettant ainsi un terme à la vaccination.

Ailleurs au Canada, la santé publique rapporte cinq cas confirmés de variole simienne en Ontario et un en Alberta. À l’échelle mondiale, on rapporte jusqu’ici 550 cas confirmés dans 30 pays.

TheresaTam a précisé que les connaissances ne sont pas encore assez avancées pour réaliser une modélisation sur la propagation prévisible de la variole simienne au Canada.

COVID: tous les indicateurs en baisse

Par ailleurs, les docteurs Tam et Njoo ont aussi fait le point sur la situation de la COVID au pays. Bien que le nombre d’hospitalisations demeure élevé, les nouvelles sont encourageantes, a confié Howard Njoo.

«Les indicateurs d’activité de la COVID-19, allant des cas signalés quotidiennement à la positivité des tests de laboratoires en passant par les signaux provenant de l’analyse des eaux usées continuent de baisser dans la plupart des régions au pays (…) et les tendances relatives aux cas graves sont également à la baisse dans la majorité des régions», a-t-il dit.

Les experts se penchent par ailleurs plus en profondeur sur les cas de COVID longue, c’est-à-dire les personnes chez qui certains symptômes persistent toujours, trois mois après une infection initiale. Les symptômes les plus communs sont la fatigue, des problèmes cognitifs, des troubles du sommeil et de l’essoufflement. 

Nombreux cas de COVID longue

Ces symptômes prolongés touchent «à la fois des adultes et des enfants, indépendamment de la gravité des symptômes ressentis lors de la première infection» et on estime qu’entre 30 % et 40 % des personnes qui ont contracté la maladie, mais qui n’ont pas eu besoin d’être hospitalisées, présentent des symptômes de COVID longue. «Ce pourcentage pourrait être encore plus élevé chez les personnes qui ont été hospitalisées à la suite de leur infection initiale à la COVID-19», a ajouté le médecin.

La condition semble par ailleurs affecter davantage les femmes que les hommes. 

Ces constatations touchent les cas de COVID longue issus d’infections qui précèdent l’apparition du variant Omicron, dont l’apparition est relativement récente, a expliqué le docteur Njoo. «Comme il faut un certain temps avant que le syndrome post-COVID-19 soit diagnostiqué, les connaissances que nous en avons proviennent en grande partie de recherches effectuées avant l’émergence du variant Omicron à la fin de novembre 2021.»

Dans un autre ordre d’idées, Howard Njoo n’a pas donné l’impression d’être sur le point de recommander la fin des tests aléatoires à l’arrivée des voyageurs. «Pour l’instant, c’est important d’avoir un système, de façon aléatoire, pour continuer de dépister afin d’être capable de faire un séquençage génomique pour détecter un variant préoccupant.»

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