Véhicules électriques: suppression envisagée d’un crédit d’impôt favorisant les É.-U.

WASHINGTON — Une crise à laquelle aurait pu être confrontée l’industrie automobile canadienne est peut-être enfin terminée.

Les sénateurs américains démocrates Chuck Schumer, de l’État de New York, et Joe Manchin, de la Virginie-Occidentale, ont convenu de proposer de supprimer un plan de crédit d’impôt qui favorisait les véhicules électriques (VÉ) fabriqués aux États-Unis.

Au lieu de cela, ils proposent un amendement au projet de loi sur le climat et la santé du président Joe Biden qui étendrait les crédits pour inclure toute l’Amérique du Nord.

«Il s’agit d’une bonne nouvelle pour les travailleurs canadiens, les emplois et notre industrie manufacturière», a dit jeudi la ministre du Commerce international, Mary Ng, dans une déclaration écrite.

«Depuis la réunion des premiers ministres avec le président Biden l’an dernier, nous n’avons cessé de souligner que la proposition initiale serait préjudiciable tant au Canada qu’aux États-Unis, et nous nous réjouissons de voir que la nouvelle version du projet de loi le reconnaît», a-t-elle ajouté.

Pour être admissible aux crédits, l’amendement exigerait également que les batteries des véhicules contiennent un certain pourcentage de matériaux provenant de partenaires de libre-échange.

La législation est encore loin d’être adoptée – elle ne manquera pas d’exaspérer les républicains du Sénat, qui hésiteront à donner aux démocrates une victoire législative avec les élections de mi-mandat qui se profilent en novembre.

Le vote de Joe Manchin est crucial au Sénat également divisé, mais le projet de loi, qui devrait atteindre le parquet du Sénat la semaine prochaine, aura encore besoin de 60 voix pour éviter les tactiques d’obstruction républicaines.

«Je suis très heureuse de voir que notre message a été entendu et se reflète dans le projet de loi», a déclaré Kristen Hillman, ambassadrice du Canada aux États-Unis, dans un communiqué.

Le Canada, a-t-elle ajouté, a été implacable dans ses efforts pour convaincre le Congrès et la Maison-Blanche d’abandonner un plan qui est discriminatoire à l’égard du Canada et qui brise l’intégration très réussie de notre secteur automobile.

Il y a à peine deux semaines, Chuck Schumer et Joe Manchin se sont retrouvés dans une impasse sur le projet de loi sur les dépenses climatiques et de santé du président Biden, une version réduite d’une ambitieuse entreprise de dépenses sociales. Au lieu de cela, ils ont soumis un accord de 700 milliards $ qui comprend une série de mesures de dépenses pour des projets climatiques et énergétiques, la réduction du déficit, les médicaments sur ordonnance et les primes de santé.

«La loi sur la réduction de l’inflation de 2022 effectuera un acompte historique sur la réduction du déficit pour lutter contre l’inflation, investir dans la production et la fabrication d’énergie nationale et réduire les émissions de carbone d’environ 40% d’ici 2030», affirment les sénateurs.

Joe Biden, un champion autoproclamé du protectionnisme Buy American, voulait à l’origine réserver les meilleures incitations fiscales aux véhicules électriques assemblés aux États-Unis avec des travailleurs syndiqués. Depuis, le gouvernement fédéral, l’ambassade du Canada et les intervenants de l’ensemble du secteur canadien de l’automobile ont constamment fait pression contre le plan.

Ils ont notamment fait valoir que lorsque les États-Unis ciblent la capacité industrielle canadienne, en particulier dans la production de véhicules électriques, les législateurs handicapent la capacité de leur propre pays à concurrencer la Chine.

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