Vente de Rona: Québec approuve la transaction, mais l’opposition la  dénonce

QUÉBEC – La prise de contrôle du quincailler Rona par une entreprise américaine sera bénéfique pour les Québécois, selon le gouvernement Couillard.

Au contraire, les trois partis de l’opposition considèrent que cette transaction, symbole du déclin économique du Québec, est déplorable, d’autant plus que des milliers d’emplois sont en jeu.

«Ce n’est pas dans l’intérêt du gouvernement de bloquer cette transaction», a indiqué la nouvelle ministre de l’Économie, Dominique Anglade, qui y voit «définitivement un bénéfice pour les Québécois».

Signe d’une certaine nervosité à Québec, la ministre a donné trois points de presse sur le sujet durant la journée.

Lowe’s, géant américain de la rénovation, a annoncé mercredi matin avoir fait l’acquisition de Rona pour la somme de 3,2 milliards $, déclenchant aussitôt une onde de choc dans les cercles politiques.

Le chef de l’opposition officielle, Pierre Karl Péladeau, a condamné sans réserve cette acquisition, exhortant le premier ministre Philippe Couillard à tout mettre en oeuvre pour la faire échouer.

Le premier ministre doit «prendre ses responsabilités» dans ce dossier pour maintenir entre des mains québécoises le géant de la quincaillerie, a commenté M. Péladeau lors d’une mêlée de presse, en marge d’une réunion du caucus péquiste.

Il a insisté pour que les élus utilisent tous les leviers à leur disposition, notamment Investissement Québec, pour que le siège social de Rona demeure au Québec et que les 17 000 emplois en jeu soient maintenus au Québec. La Caisse de dépôt, qui détient 17 pour cent des actions de Rona, doit bloquer la transaction, selon M. Péladeau.

En fait, Investissement Québec ne détient plus d’actions de Rona et la Caisse de dépôt et placement a appuyé la transaction, qui «mènera au maintien ou à la croissance de l’activité économique générée par les bannières de Rona au Québec», affirme l’institution dans un communiqué.

Malgré cela, en fin de journée, lors d’un second point de presse, M. Péladeau est revenu à la charge pour exhorter la Caisse à intervenir. Elle doit, selon lui, se prévaloir de «son droit de veto», en refusant de «déposer dans l’offre de Lowe’s les actions qu’elle détient dans Rona et cette transaction-là ne se réalisera pas».

«Nous en avons trop perdu des sièges sociaux», a dit M. Péladeau, qui s’est montré inquiet des conséquences pour les nombreux fournisseurs de Rona au Québec.

M. Couillard «doit envoyer un message clair, net et précis» pour faire en sorte que l’acquisition échoue, a-t-il ajouté.

Contrairement au chef péquiste, la ministre Anglade ne conteste nullement cette acquisition, prévoyant même qu’il y aurait «d’autres transactions de ce genre» dans l’avenir.

La ministre Anglade a affirmé avoir obtenu des garanties de l’acquéreur, Sylvain Prud’homme, président de Lowe’s au Canada, quant au maintien des emplois et des bannières. Elle avait été informée la veille de l’annonce à venir.

«Je suis satisfaite des garanties qui ont été données (durant) la conversation que j’ai eue avec M. Prud’homme», a commenté la ministre en point de presse, en marge d’une réunion du conseil des ministres. Elle n’a cependant pas précisé si la totalité des emplois actuels seraient protégés.

La ministre a dit souhaiter avoir d’autres entretiens avec lui au cours des prochaines semaines pour préciser et confirmer les engagements de Lowe’s au Québec, notamment en ce qui a trait aux conditions de travail des employés.

L’important aux yeux du gouvernement, c’est que les PME québécoises, donc les fournisseurs de Rona, profitent «au maximum» de la transaction controversée, a-t-elle fait valoir.

Les autres partis de l’opposition sont sceptiques. La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a fait valoir que le gouvernement Couillard devait s’assurer que les décisions d’affaires des entreprises québécoises ne soient pas «prises aux États-Unis».

Aux yeux du chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, cette transaction est une très mauvaise nouvelle.

«C’est un triste jour pour le Québec. C’est toujours trop peu, trop tard avec le gouvernement libéral. Un des gains de la Révolution tranquille, un des gains des nationalistes québécois, tous partis politiques confondus, a été de faire du Québec une économie de propriétaires. Maintenant, les libéraux acceptent que nous soyons une économie de succursales», a-t-il déploré.

Déjà, en 2012, Lowe’s avait fait une offre d’achat hostile dans une tentative avortée de prendre le contrôle de Rona. À l’époque, le ministre libéral Raymond Bachand s’était opposé à cette transaction et Investissement Québec avait acquis des actions du quincailler.

Mme Anglade a fait valoir que le contexte avait bien changé depuis et que la direction de Rona, cette fois-ci, avait approuvé l’offre de Lowe’s.

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Pierre Karl Péladeau est un imbécile (et je pèse mes mots) il s’est enrichi grâce à la Caisse de Dépôt et un entourage beaucoup plus brillant que lui.