Ventilation: des tests de CO2 seront effectués dans les écoles dès le 1er décembre

QUÉBEC — Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, n’a toujours aucune donnée pour dire que l’air est sain dans les écoles, s’insurge Québec solidaire (QS).

«Cette sortie du ministre est une véritable insulte à l’intelligence», a réagi la porte-parole de QS en éducation, Christine Labrie.

Vendredi, M. Roberge a publié un rapport qu’il avait commandé sur les «mécanismes de contrôle», qui conclut que les centres de services scolaires (CSS) entretiennent leurs systèmes.

L’évaluation de la qualité de l’air, elle, sera faite dans un deuxième temps; le ministre a demandé que des tests pour mesurer le niveau de CO2 dans l’air soient effectués dans les écoles à partir du 1er décembre.

Le rapport présenté vendredi «se concentre sur le contenant plutôt que sur le contenu», a déploré par communiqué la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Ethier.

«Il escamote l’enjeu central de la qualité de l’air actuelle dans les écoles du Québec», a-t-elle déclaré.

Par exemple, on apprend dans le rapport que l’entretien ménager des systèmes de ventilation a été complété de manière conforme à 97,5 %.

Les CSS ont également «presque complété à 99,93 %» le relevé de concentration de radon dans les bâtiments scolaires.

Les travaux visant à répertorier les matériaux susceptibles de contenir de l’amiante sont quant à eux exécutés à 99,19 %. 

Et les travaux d’installation de détecteurs de monoxyde de carbone dans les bâtiments où des appareils à combustion sont utilisés sont exécutés à 98,31 %.

«Je veux rassurer la population. Nos milieux scolaires sont sains et sécuritaires», a déclaré M. Roberge dans un communiqué coiffé du titre «la qualité de l’air dans nos écoles».

«Je suis rassuré de constater que les données compilées démontrent que les mécanismes de contrôle mis en place sont efficaces.»

Manque de respect

Mme Labrie souligne que le ministre n’obtiendra pas les résultats de l’évaluation de la qualité de l’air avant plusieurs semaines. 

«Comment le ministre peut-il soutenir que nos milieux scolaires sont sains et sécuritaires, alors qu’il vient tout juste de demander des tests de CO2?» a-t-elle demandé.

«Il a induit tout le monde en erreur en faisant croire qu’il attendait un rapport sur la qualité de l’air», a ajouté la députée, qui accuse M. Roberge de manquer de respect.

Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale demandent depuis des semaines que des détecteurs de CO2 et des purificateurs d’air soient installés dans les classes.

Plus tôt cette semaine, un collectif de médecins et d’experts inquiets de la qualité de l’air dans les écoles et de la transmission de la COVID-19 a dévoilé les résultats d’un «projet secret». 

Le groupe COVID-STOP a recruté 12 enseignants pour tester l’air dans 25 classes de la région de Montréal avec des machines communément appelées CO2Meter et CO2Mini.

Dans trois classes sur quatre testées incognito, la ventilation était problématique et les taux de CO2 dépassaient le niveau acceptable de 700 à 800 ppm, a-t-il indiqué.

Dans certaines classes, les taux ont même monté à plus de 2100 ppm.

Les spécialistes mondiaux, dont José Luis Jimenez de l’Université du Colorado, recommandent un taux de concentration maximale de 650 à 800 ppm, a souligné COVID-STOP.

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