Vérification: Le gouvernement a-t-il levé plus de 100 avis d’ébullition de l’eau?

MONTRÉAL — Si une personne dit qu’il pleut et une autre dit qu’il fait beau, le travail journalistique ne consiste pas à citer l’une et l’autre, mais bien à regarder par la fenêtre.

Dans cette rubrique, La Presse Canadienne examine des déclarations de partis politiques en campagne électorale et regarde par la fenêtre pour vous.

Les citations

«En novembre 2015, il y avait 105 avis d’ébullition à long terme dans les Premières Nations. 118 ont maintenant été levés…» ― Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones, 19 septembre, Twitter

«M. Trudeau, je ne comprendrai jamais comment vous pouvez regarder ces enfants dans les yeux et leur dire que vous n’avez pas pu régler ce problème. (…) Je n’arrêterai jamais de me battre pour que les enfants autochtones aient accès à de l’eau potable propre.» ― Jagmeet Singh, 18 septembre, Twitter

Les faits

L’insalubrité de l’eau dans les communautés autochtones est un problème qui perdure depuis plusieurs décennies.

À sa première élection, en 2015, Justin Trudeau avait promis de lever tous les avis d’ébullition d’eau à long terme avant la fin de mars 2021, une cible qu’il n’a pas réussi à atteindre.

En mars dernier, la vérificatrice générale du Canada, Karen Hogan, avait conclu dans un rapport que «même si des mesures provisoires avaient permis aux collectivités touchées d’avoir un accès temporaire à une eau potable salubre, la mise en oeuvre de solutions à long terme n’était pas envisagée avant plusieurs années».

Il est cependant vrai que le gouvernement libéral a réussi à faire lever plus d’une centaine d’avis d’insalubrité depuis son arrivée au pouvoir. En date du 28 août dernier, 109 nouveaux secteurs avaient accès à l’eau potable, d’après le ministère des Services aux Autochtones. Une quinzaine d’autres projets étaient terminés et «en attente» de validation. Ce sont ces derniers qui expliqueraient le total de 118 avancé par le ministre Miller, comme ils se mettent en route un par un.

Si ce nombre est plus élevé que la centaine de départ, c’est parce que pas moins d’une soixantaine de nouveaux avis d’ébullition à long terme se sont rajoutés depuis 2015.

En tout, il reste 42 secteurs qui n’ont pas accès à l’eau potable. Pour la majorité d’entre eux, des travaux sont en cours pour construire des infrastructures qui régleraient le problème. Le ministère indique qu’«il faut entre 3 et 4 ans pour mettre en place un nouveau réseau de traitement de l’eau».

Ce que nous avons vu par la fenêtre

Le bilan du gouvernement libéral est mitigé. Il n’a pas réussi à tenir sa promesse, mais a tout de même réglé plus des deux tiers des avis d’ébullition à long terme dans les communautés autochtones, comptabilisés à partir de 2015. Certaines communautés devront cependant attendre plusieurs années supplémentaires avant de pouvoir en dire de même.

Donc, aucune des deux citations n’est fausse, à proprement parler. C’est plutôt une question de voir le verre (d’eau) à moitié vide ou à moitié plein.

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Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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