Trump et ses mensonges habituels

Quelques déclarations de Trump des derniers jours qui ne tiennent pas la route. 

WASHINGTON — Le président Donald Trump a dit que le Mexique paie pour le mur le long de la frontière (c’est faux) et que ses baisses d’impôts sont les plus importantes de l’histoire des États-Unis (tout aussi faux).

Ce sont ses pierres d’assise, les mensonges sur lesquels s’appuie sa présidence, et il les ramène sous les feux de la rampe à quelques jours du vote.

Mais il dispose aussi de nouvelles histoires, prétendant ainsi qu’il remporte un succès sans précédent contre le coronavirus — alors que, dans les faits, le nombre de nouvelles infections et de décès explose, et que son chef de cabinet a reconnu dimanche que le coronavirus échappe au contrôle du gouvernement.

M. Trump a de nouveau mis en garde contre une énorme fraude électorale le 3 novembre, sans fournir la moindre preuve.

En fin de semaine, M. Trump a présenté son rival démocrate, Joe Biden, comme le chef d’un mouvement communiste qui a empoché 3,5 millions $ US.

Voici un aperçu des derniers jours.

_____

LE VIRUS

TRUMP: «Même sans vaccin, ça achève. Ça tire à sa fin.» (Sur les ondes de C-SPAN, puis lors d’événements au New Hampshire et en Caroline du Nord.)

LES FAITS: Le bilan de la pandémie ne s’améliore pas: il ne cesse de s’alourdir.

Les États-Unis ont enregistré plus de 83 000 nouvelles infections vendredi, un record qui a presque été égalé samedi, selon les données de l’université Johns Hopkins. Près de 8,6 millions d’Américains ont été infectés depuis le début de la pandémie et près de 225 000 d’entre eux en sont morts. Environ la moitié des États ont été le théâtre en octobre de leur pire bilan quotidien d’infections.

Le chef de cabinet de M. Trump, Mark Meadows, a admis à CNN dimanche que «nous n’allons pas contrôler la pandémie. Nous allons contrôler le fait que nous avons des vaccins, des médicaments et d’autres moyens de mitigation.»

Il ne partageait pas l’opinion de son patron que la pandémie tire à sa fin, avec ou sans vaccin.

___

LE MUR

TRUMP: «Et en passant, le Mexique paie pour le mur.» (Lors d’un événement au New Hampshire.»

LES FAITS: Les États-Unis paient pour le mur, pas le Mexique. Le gouvernement mexicain a carrément refusé de verser un seul sou pour allonger ou renforcer les clôtures en sol américain.

M. Trump tente depuis le premier jour de donner l’impression qu’il a tenu promesse en faisant payer le Mexique, un engagement qui se trouvait au coeur de sa campagne en 2016. Mais l’argent provient des contribuables américains d’aujourd’hui et de demain.

___

LES BIDENS

TRUMP, au sujet de M. Biden quand il était vice-président: «Donc la femme du maire de Moscou, qui est une retraitée très riche, lui a donné trois millions et demi de dollars.» (Lors d’un événement en Caroline du Nord.)

LES FAITS: Non, elle ne lui a rien donné.

M. Trump déforme un rapport récent du sénateur républicain Ron Johnson, qui a enquêté sur le fils de M. Biden, Hunter, et ses activités d’affaires en Ukraine.

Le rapport ne prétend pas que Joe Biden lui-même a reçu 3,5 millions $ US ou que le président russe Vladimir Poutie a joué un rôle. Le rapport ne prétend pas non plus que Hunter Biden a empoché l’argent. Le rapport dit que l’argent est allé à une firme d’investissement qu’il avait cofondée. L’avocat de Hunter Biden a répondu par voie de communiqué que son client n’avait pas de participation dans cette firme et qu’il ne l’avait pas fondée.

___

FRAUDE ÉLECTORALE

TRUMP: «Je pense que le risque le plus grand est celui des faux bulletins de vote.» (Lors d’un événement au New Hampshire.)

TRUMP: «Si on ne connaît pas le résultat le 3 novembre, contrairement à d’habitude quand on connaît le résultat le soir même ou peu de temps après, ça pourrait vouloir dire que ça va durer éternellement. C’est complètement fou, et on ne devrait pas tolérer que ça se produise.» (Lors du même événement au New Hampshire.)

LES FAITS: Il exagère.

Oui, certains États anticipent une recrudescence du recours au vote par correspondance en raison de la pandémie, ce qui pourrait retarder le dépouillement des bulletins. La Cour suprême, par exemple, permettra à la Pennsylvanie de compter les bulletins jusqu’à trois jours après le scrutin. Mais rien ne permet de croire qu’on soit en présence d’une fraude gigantesque. Tout délai dans l’annonce d’un gagnant au-delà du 3 novembre n’est pas illégal.

En 2017, le Brennan Center for Justice, en se fiant sur les élections antérieures, a calculé que le risque de fraude électorale allait de 0,00004 % à 0,0009 %.

Les cinq États qui envoient couramment des bulletins de vote par correspondance aux électeurs inscrits ne rapportent aucune fraude majeure ou difficulté dans le dépouillement des voix.

Même si l’élection accouche de poursuites en justice, les États-Unis auront un président en janvier parce que la Constitution et la loi fédérale le garantissent. Le dépouillement ne durera pas «éternellement».

___

INDUSTRIE AUTOMOBILE

TRUMP, lors d’un événement au New Hampshire, a répété avoir convaincu l’ancien premier ministre japonais Shinzo Abe d’ouvrir de nouvelles usines automobiles au Michigan. «Le lendemain, cinq constructeurs automobiles ont annoncé l’ouverture d’usines», a dit M. Trump.

LES FAITS: Ce n’est pas la première fois qu’il raconte cette histoire inventée de toutes pièces.

Aucune usine d’assemblage de constructeurs automobiles japonais n’a été annoncée ou construite au Michigan, encore moins en un jour, et il n’est pas prévu que cela se produise.

Il existe une usine de fabrication, une coentreprise entre General Motors et Honda, au sud de Détroit. C’est l’extension de 85 millions $ US d’une installation existante pour fabriquer des piles à hydrogène avec environ 100 nouveaux emplois, selon le Center for Automotive Research, un groupe de réflexion de l’industrie à Ann Arbor, au Michigan. Subaru dispose d’un nouveau centre de recherche avec environ 100 nouveaux emplois, et Renault-Nissan-Mitsubishi et Toyota ont annoncé des agrandissements de leurs installations de recherche.

Ce ne sont pas de nouvelles «usines automobiles» gérées par des constructeurs automobiles japonais.

___

IMPÔTS

TRUMP: «Vous savez, vous avez obtenu la plus grosse baisse d’impôts de l’histoire de notre pays. J’ai gagné ça pour vous.» (Lors d’un événement en Caroline du Nord.)

LES FAITS: Ses baisses d’impôts ne se rapprochent même pas des plus importantes de l’histoire des États-Unis.

Ses baisses représentent 1500 milliards $ US sur dix ans. Elles arrivent en 12e place, en fonction de leur part de l’économie totale, selon le Committee for a Responsible Federal Budget. Les baisses de Ronald Reagan en 1981 sont les plus importantes, devant celles consenties en 1945 pour financer la Deuxième Guerre mondiale.

Laisser un commentaire