VÉRIFIÉ : Trump ment au sujet du virus, des impôts et des Bidens

Voici une vérification de quelques-uns des propos de Donald Trump et Joe Biden des derniers jours.

WASHINGTON — Pleinement de retour en campagne après avoir été tenu à l’écart par la COVID-19, le président Donald Trump n’a pas tardé à renouer avec ses vieilles tactiques mensongères et trompeuses.

Il a de nouveau répété en fin de semaine que le virus «tire à sa fin», ce qui est faux; il a menti concernant les propositions de son rival Joe Biden au sujet de l’impôt; et il a répété des affirmations sans fondement concernant M. Biden et les activités d’affaires de son fils Hunter en Ukraine.

De son côté, M. Biden a exagéré quand il a dit que la juge Amy Coney Barrett, que M. Trump souhaite nommer à la Cour suprême des États-Unis, abolirait certainement l’Affordable Care Act (ou Obamacare).

Voici une vérification de quelques-uns de leurs propos des derniers jours.

Les impôts et l’économie

TRUMP, en majuscules: «Sleepy Joe Biden propose la plus importante hausse d’impôts de l’histoire du pays!» (Sur Twitter, samedi)

LES FAITS : Ce ne serait pas la plus importante

La proposition de M. Biden récolterait jusqu’à 3700 milliards $ US en nouveaux revenus sur dix ans, surtout en augmentant les impôts des entreprises et des ménages ayant un revenu annuel de plus de 400 000 $ US. Cela représenterait entre 1,3 % et 1,4 % de l’économie américaine, selon le Committee for a Responsible Federal Budget.

Le groupe non partisan Tax Foundation calcule que le plan Biden serait la cinquième hausse d’impôts en importance depuis 1940, en fonction de sa part de l’économie américaine.

Hunter Biden

TRUMP, au sujet de Joe Biden et de l’Ukraine : « Je n’ai jamais eu de quid pro quo. Vous voulez un quid pro quo? On ne vous donnera plus de milliards de dollars si vous ne vous vous débarrassez pas de ce procureur… Cessez d’enquêter sur mon fils’. Et le procureur a été viré, et ils ont reçu des milliards. » (Lors d’un rassemblement électoral samedi, au Michigan)

LES FAITS : M. Trump répète une fausse allégation selon laquelle M. Biden, alors qu’il était vice-président, a fait pression sur l’Ukraine pour faire congédier un procureur qui enquêtait sur la firme énergétique Burisma, dont son fils Hunter était membre du conseil d’administration.

Dans les faits, l’enquête dormait sur les tablettes quand M. Biden a attaqué le procureur. Comme plusieurs autres leaders de la planète, M. Biden demandait à l’Ukraine de s’attaquer plus agressivement à la corruption, pas moins agressivement.

L’équipe Trump cite souvent une vidéo tournée en 2018 dans laquelle on entend M. Biden raconter qu’il a menacé de refuser un prêt au gouvernement ukrainien si le procureur — qui était largement perçu comme inefficace, voir lui-même corrompu — n’était pas viré.

Mais M. Trump ne dit pas qu’en février 2016, quelques mois après la menace de M. Biden, le Fonds monétaire international a menacé de retenir une aide de 40 milliards $ US si l’Ukraine ne s’attaquait pas plus fermement à la corruption.

L’enquête sur Burisma a commencé en 2012. Elle concernait une période précédant l’arrivée d’Hunter Biden au conseil d’administration.

La Cour suprême

BIDEN : « Cette candidate (Mme Coney Barrett) a dit qu’elle veut se débarrasser de l’Affordable Care Act. » (À des journalistes, le 12 octobre).

LES FAITS : Non, Mme Barrett n’a pas clairement dit qu’elle abolirait cette loi.

M. Biden fait référence à un commentaire de Mme Barrett, en 2017, attaquant une décision de la Cour suprême qui protégeait une portion de la loi. Elle enseignait à ce moment le droit à l’Université de Notre-Dame.

Ça ne veut pas dire qu’elle serait d’accord pour mettre la loi en entier aux poubelles. Il est difficile de prédire ce que déciderait un juge plusieurs années plus tard, dans des conditions différentes.

Tout ce qu’on sait, c’est que Mme Barrett n’était pas d’accord, il y a huit ans, avec ceux qui pourraient bientôt être ses collègues.

Le virus

TRUMP, prenant la parole dans un État où le nombre d’infections bondit : « Ça achève. Nous avons les vaccins, mais même sans ça, ça achève. » (Lors d’un événement au Wisconsin, samedi.)

LES FAITS : L’augmentation du nombre de cas et les experts de son propre gouvernement disent le contraire.

Le nombre d’infections augmente dans une majorité d’États et le bilan des décès s’alourdit dans une trentaine. Et la grippe saisonnière approche, ajoutant à la menace.

Le docteur Anthony Fauci, le principal expert des maladies infectieuses du gouvernement, a fréquemment témoigné de son désaccord avec M. Trump, en s’appuyant sur les données, et prévenu que la population ne doit pas sous-estimer la pandémie.

Le docteur Fauci et d’autres experts, comme le docteur Robert Redfield des Centers for Disease Control and Prevention, ont souvent dit que l’automne pourrait être difficile, en raison du coronavirus et de la grippe.

Le Wisconsin a battu la semaine dernière des records pour le nombre d’infections, de décès et d’hospitalisations. Le nombre d’infections et de décès est aussi en hausse dans l’Iowa, le Michigan, le Minnesota, la Pennsylvanie et l’Ohio.

L’ancien patron de la Food and Drug Administration, le docteur Scott Gottlieb, a prévenu dimanche sur les ondes de CBS que même si un vaccin est disponible dès cette année, les premières personnes vaccinées ne seront pas vraiment protégées avant février ou mars.

Le président Trump lui-même a été infecté par le virus ce mois-ci. Il continue d’éviter de porter un masque en public. Le port du masque n’est pas obligatoire lors de ses événements électoraux.

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