Ouellet constate l’empressement de Cloutier dans le dossier transports

QUÉBEC – Candidate potentielle à la chefferie péquiste, Martine Ouellet a constaté mardi l’empressement de son collègue Alexandre Cloutier à intervenir dans le dossier des irrégularités alléguées au ministère des Transports.

Mme Ouellet, elle-même porte-parole péquiste en matière de transports, a affirmé que ce type de prises de position n’était pas courant durant la dernière course à la direction péquiste, il y a un an.

«À la dernière course, au niveau quotidien de ce qui se passait à l’Assemblée nationale, ça s’est fait de façon relativement conviviale, a-t-elle dit dans une mêlée de presse. On n’a pas vu de positionnement comme ça, aussi clair, dans un dossier quotidien. Mais ça se passe autrement cette fois-ci.»

Mardi, M. Cloutier, candidat à la succession de Pierre Karl Péladeau, a réclamé la démission du ministre des Transports, Jacques Daoust, qu’il accuse d’avoir ignoré des informations inquiétantes sur la gestion de son ministère.

«Jamais sous ma gouverne je n’aurais accepté ça. Pour moi, le ministre aurait été démis de ses fonctions», a-t-il dit.

Le chef intérimaire péquiste, Sylvain Gaudreault, s’est rallié à la proposition de M. Cloutier, tout en proposant de mandater une commission parlementaire.

«M. Cloutier a fait une intervention comme candidat à la chefferie, je ne suis pas contre ce qu’il a demandé, au contraire, a-t-il dit. Ce que je vous dis, c’est que l’opposition officielle va réclamer une commission parlementaire d’abord pour faire la lumière sur cette histoire.»

En sa qualité de porte-parole de l’aile parlementaire péquiste, Mme Ouellet a proposé d’approfondir en commission parlementaire les craintes exprimées par l’ex-ministre des Transports, Robert Poëti, qui ont plongé le gouvernement dans l’embarras la semaine dernière.

«Éventuellement, si M. Daoust n’a pas de réponses à nous donner, il devra réfléchir, a-t-elle dit. Mais dans un premier temps, il faut l’entendre en commission.»

Mme Ouellet a affirmé qu’il fallait entendre M. Daoust, mais également le directeur de cabinet du premier ministre, Jean-Louis Dufresne.

«La première étape, c’est d’entendre les gens en commission parlementaire et ensuite, si les réponses ne sont pas satisfaisantes, on pourrait passer à la deuxième étape», a-t-elle dit.

En Chambre, mardi, les libéraux ont refusé de débattre d’une motion présentée par Mme Ouellet pour mandater une commission parlementaire dans ce dossier.

Plus tôt, mardi, la candidate à la direction du Parti québécois, Véronique Hivon, s’est engagée à réformer le mode de scrutin si elle devient première ministre.

Mme Hivon a affirmé qu’il fallait introduire des éléments de scrutin proportionnel pour tenir compte des pourcentages de votes reçus par les partis dans la composition de la Chambre.

«Des éléments de proportionnelle, par exemple un mode de scrutin proportionnel mixte, pourraient être envisagés et c’est certainement de nature à redonner confiance», a-t-elle dit.

Aux journalistes, Mme Hivon a reconnu que Québec solidaire et Option nationale, deux autres partis souverainistes, étaient en faveur d’une réforme du mode de scrutin.

«Je ne le vois pas sous un intérêt partisan souverainiste, il y en a même parmi les souverainistes qui vont vous dire qu’il faudrait attendre que le Québec soit indépendant, a-t-elle dit. Mais tout geste pour rebâtir la confiance est un geste fort aussi pour redonner confiance dans le collectif et dans des grands projets, comme la souveraineté.»

Selon Mme Hivon, la population devra valider tout changement au mode de scrutin par référendum.

«Je suis très ouverte à une consultation populaire sur la question», a-t-elle dit.

La candidate va plus loin que l’ancien chef Pierre Karl Péladeau, qui avait entrouvert la porte, en février, à des discussions sur le sujet, dans le cadre des efforts de convergence avec les autres partis souverainistes.

Mme Hivon a présenté son programme de réforme de l’exercice de la démocratie, qui prévoit une formalisation du vote libre pour les députés sur des questions qui ne touchent ni le programme du parti, ni les questions budgétaires, ni les votes de confiance.

«Dès l’instant où je deviens chef du parti, l’automne prochain, c’est quelque chose qui va s’appliquer de manière beaucoup plus soutenue, a-t-elle dit. Mais je ne suis pas en train de dire que ça ne se faisait pas.»

La candidate souhaite aussi améliorer le respect durant la période des questions, qui trop souvent laisse ses spectateurs perplexes, a-t-elle expliqué.