Vers une loi une loi pour contrer les violences sexuelles dans les écoles du Québec?

MONTRÉAL — Un groupe qui milite pour la reconnaissance des violences à caractère sexuel dans les écoles du Québec a tenu une conférence virtuelle, jeudi, pour présenter ses recommandations aux acteurs de l’éducation, à la suite d’une motion présentée par la députée indépendante Catherine Fournier. 

La semaine dernière, la députée de la circonscription de Marie-Victorin a fait adopter à l’unanimité une motion à l’Assemblée nationale pour doter le Québec d’une loi pour contrer les violences sexuelles dans les écoles primaires et secondaires comme c’est le cas dans les cégeps et les universités. 

Cette question qui sera traitée lors de la prochaine réforme du protecteur de l’élève est inspirée des revendications du groupe «La voix des jeunes compte», formé de jeunes femmes âgées de 15 à 20 ans. 

Appuyées par le Mouvement pour les écoles sans violence sexuelle et la Fondation canadienne des femmes, ces jeunes ont témoigné du chemin parcouru – trois ans de mobilisation – qui a mené à l’adoption de la motion en Chambre. 

Bien que cela représente une victoire, le groupe n’entend pas en rester là. 

«Ça nous motive à rester mobiliser pour tous les jeunes du Québec, a dit l’une d’entre elles. C’est important qu’on arrête de banaliser les choses. On veut être cru et entendu.»

Ce que le groupe dénonce notamment, c’est le manque de structure pour recevoir les plaintes des élèves et le manque d’imputabilité des jeunes qui commettent des gestes à caractère sexuel. 

«Ils se font renvoyer, mais il n’y a pas de suivi», déplore l’une d’entre elles. Ce qui fait en sorte que la personne peut récidiver ailleurs, dans une autre école. 

L’auteure-compositrice-interprète Sarahmée était présente pour la lecture d’un témoignage poignant d’un événement qu’avait vécue une adolescente de 14 ans. 

«On m’a recommandé de ne pas marcher seule dans les couloirs de l’école», pouvait-on l’entendre dire. 

Preuve que les professeurs se sentent souvent démunis ou ne sont pas outillés pour intervenir dans ces situations lorsque des élèves viennent leur rapporter des incidents. 

Une des recommandations de «La voix des jeunes compte» est d’assurer la formation du personnel enseignant. Le groupe croit aussi qu’il est important d’avoir des ressources en sexologie ou en psychoéducation, spécialisées dans les violences à caractère sexuel. 

«Il faut s’assurer qu’une loi voit le jour dans des délais raisonnables», a fait valoir une intervenante. 

———

Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

Laisser un commentaire