Victimes de violence sexuelle: 2,6 M$ pour des conseils juridiques gratuits

MONTRÉAL — Un premier pas est franchi pour améliorer le soutien aux victimes de violence sexuelle: la clinique Juripop offrira des conseils juridiques gratuits aux victimes, grâce à un coup de pouce de Québec.

L’annonce en a été faite lundi, au cours d’une conférence de presse à Montréal, par la ministre de la Justice et Procureure générale du Québec, Sonia LeBel, en compagnie d’élues provenant des autres formations politiques responsables de ces dossiers et de la directrice générale de Juripop, Me Sophie Gagnon.

Une somme de 2,6 millions $ sera consacrée au projet pilote. La somme sera puisée à même une enveloppe de 50 millions $ sur cinq ans qui avait été annoncée lors du dernier budget.

Juripop a déjà commencé à recruter des partenaires en région, qui vont suivre une formation plus poussée, a précisé Me Gagnon. Dès le printemps prochain, les premières victimes pourront être accueillies. Le projet pilote a cependant cours dès le 1er janvier prochain jusqu’au 31 mars 2021.

La ministre LeBel a bien indiqué qu’il s’agissait d’un «premier pas, une première mesure ciblée» et que d’autres mesures viendront pour faciliter le processus de dénonciation et d’accompagnement des victimes.

«Par cette démarche-là, l’idée c’est de partir des besoins de la victime, de la personne, plutôt que d’essayer qu’elle rentre dans les cases que le système a décidées pour elle. Si elle se présente et dit ‘moi, ce n’est pas tant une condamnation que je veux; je voudrais que mon agresseur reconnaisse les torts qu’il m’a faits’, est-ce qu’on peut aller vers des initiatives de justice réparatrice? Est-ce que c’est plus une poursuite au civil? C’est ça aussi l’idée», a expliqué la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon.

«Ce n’est pas forcer, non plus, les victimes dans un processus judiciaire qui ne leur convient pas. Ce ne sont pas toutes les victimes qui veulent aller devant la cour et ce ne sont pas toutes les victimes qui ont besoin de ça. Juripop sera également là pour les accompagner, leur expliquer les conséquences ou les difficultés et ce qui découle du fait de dénoncer à la police. Elles pourront maintenant prendre leurs décisions de façon beaucoup plus éclairée», a ajouté la ministre LeBel.

Un service d’interprétation pourra même être prévu s’il s’agit d’une victime qui ne parle ni français ni anglais, a noté Me Gagnon.

Le projet pilote est d’abord conçu pour les victimes qui sont majeures, mais si la victime est mineure, Juripop pour donner des conseils pertinents sur la voie à suivre, a noté la ministre LeBel.

Maisons d’hébergement satisfaites

La Fédération des maisons d’hébergement pour femmes s’est réjouie de cette annonce.

«On est très heureuse aussi que ce soit le service de Juripop qui soit retenu. On sait qu’ils ont une vocation d’enjeux sociaux et ils sont très à l’aise à intervenir auprès des victimes comme ils ont déjà fait auparavant. On est très heureuse et très confiante qu’ils vont faire un excellent travail et mettre en place rapidement leur service», a commenté Manon Monastesse, directrice générale de la fédération.

La fédération se dit également contente que des services d’interprète soient offerts, si nécessaire.

«C’était une de nos préoccupations; nous on le voit: les femmes immigrantes qu’on reçoit en maison, même si elles parlent un peu français, anglais, elles ne sont pas très à l’aise. Et souvent, parler des émotions, des victimisations, ça prend des interprètes qui vont être capables de mettre des mots sur les maux», a résumé Mme Monastesse.