Victimes de violence: surreprésentation des Autochtones, selon Statistique Canada

OTTAWA — Une compilation d’enquêtes menées de 2018 à 2020 révèle qu’au Canada, les personnes des Premières Nations, les Métis et les Inuits sont surreprésentés parmi les victimes de violence. 

Statistique Canada indique mardi que dans l’ensemble, 41 % de ces Autochtones ont subi une agression sexuelle ou physique de la part d’un adulte avant l’âge de 15 ans comparativement à 25 % dans le reste de la population. De plus, 62 % des Autochtones ont été victimes de telles agressions après avoir atteint l’âge de 15 ans alors que cette proportion a été de 42 % parmi les non-Autochtones. 

D’autre part, 11 % des Autochtones ont déclaré avoir déjà été sous la responsabilité de services de protection de l’enfance, comparativement à 1,3 % des non-Autochtones.

Statistique Canada a aussi observé que les Autochtones ont été surreprésentés parmi les victimes d’un crime violent au cours des 12 mois ayant précédé les enquêtes, de même que pour le taux d’homicide de 2015 à 2020, qui a été six fois plus élevé lorsque les victimes étaient autochtones que lorsqu’elles étaient non autochtones.

L’agence fédérale rapporte que dans les provinces du Canada, les Autochtones qui avaient un conjoint ou qui en avaient eu un dans les cinq années précédant une enquête menée en 2019 étaient environ deux fois plus susceptibles que les non-Autochtones d’avoir vécu de la violence conjugale. Plus précisément, 7,5 % des femmes autochtones ont déclaré avoir vécu de la violence conjugale, mais Statistique Canada a constaté que cette proportion avait diminué sensiblement, étant d’environ la moitié de celle de 15 % en 2009.

Des études précédentes suggèrent un lien entre la violence chez les Autochtones et les politiques de colonisation passées et actuelles, selon Statistique Canada, y compris le système des pensionnats pour Autochtones, la marginalisation et le racisme institutionnalisé. L’agence fédérale croit que ces politiques ont contribué à la dislocation de structures communautaires et familiales, ainsi qu’à des traumatismes intergénérationnels, des facteurs liés à la victimisation avec violence chez les Autochtones.

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