Vigile pour les femmes autochtones: le triste sort de Joyce Echaquan souligné

Ceux qui se demandent si les droits des femmes autochtones continuent d’être bafoués n’ont qu’à penser à l’histoire de Joyce Echaquan pour avoir leur réponse, selon des militants qui ont participé dimanche à la vigile annuelle pour les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Joyce Echaquan, une femme de la communauté atikamekw de Manawan, a capté une vidéo dans laquelle on peut entendre le personnel hospitalier l’injurier alors qu’elle était mourante, lundi dernier, à Joliette.

À l’occasion de la Journée nationale pour commémorer les femmes et filles autochtones disparues et assassinées au Canada, des organismes soulignent que cette tragédie illustre encore une fois le racisme systémique dont elles font les frais.

«La violence dirigée contre elles est toujours présente et la semaine dernière nous en avons eu encore un horrible exemple», peut-on lire dans un communiqué de presse de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, qui rappelle l’importance de mettre en œuvre les recommandations de l’enquête nationale sur la question.

La mairesse de Montréal s’est tournée vers Twitter pour saluer les milliers de manifestants qui ont défilé dans le centre-ville de la métropole, la veille, afin de réclamer que justice soit faite pour Joyce Echaquan.

Valérie Plante a appelé ses concitoyens à s’engager «dans le chemin de la réconciliation» et à être des alliés «dans la lutte au racisme et aux discriminations systémiques» des Premières Nations.

Joyce Echaquan, qui était âgée de 37 ans, s’est éteinte peu de temps après s’être filmée depuis son lit d’hôpital, visiblement en détresse. Deux employées ont depuis été congédiées et la coroner en chef du Québec doit tenir une enquête publique sur sa mort.

Les participants à la vigile virtuelle de dimanche ont allumé des bougies pour rendre hommage à leurs consoeurs autochtones qui ont été tuées ou qui continuent de manquer à l’appel.

Le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, a partagé sur les réseaux sociaux la photo d’une chandelle pour souligner le devoir de mémoire envers elles.

Dans un message publié sur Facebook, le premier ministre du Québec, François Legault, a dit tendre la main aux nations autochtones pour «développer des relations de respect mutuel et pour grandir ensemble comme peuples».

«Qu’on soit d’origine autochtone ou non, on est tous des êtres humains et on a tous droit à notre dignité. Comme gouvernement, c’est notre devoir de garantir ça», a-t-il écrit, en se disant déterminé «à poser des gestes concrets pour améliorer la situation».

Des appels à l’action toujours sans réponse

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a lui aussi dit se tenir aux côtés des survivantes et des proches des victimes.

«On a laissé tomber les femmes et les filles autochtones pendant trop longtemps, peut-on lire dans sa déclaration publiée sur Twitter. Cette tragédie doit prendre fin et on va travailler pour y arriver.»

L’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) a déposé son rapport final en juin 2019. Le document qualifie ce fléau de véritable génocide et conclut que des décennies de racisme systémique et de violations des droits de la personne ont joué un rôle dans les centaines de morts et disparitions déplorées.

En juin dernier, la publication du plan d’action national qui devait donner suite aux recommandations de l’enquête a été repoussée. Le gouvernement de Justin Trudeau a plaidé que la pandémie ralentissait le processus.

La présidente de l’Association des femmes autochtones du Canada, Lorraine Whitman, affirme que — bien qu’il est décevant que le gouvernement n’ait toujours pas présenté de plan, un an après le dépôt du rapport final de l’ENFFADA — il est temps de se concentrer sur ce qui doit être fait pour protéger les femmes autochtones.

Parmi les mesures recommandées par son association figurent la création d’une nouvelle unité d’enquête pour les affaires non résolues ainsi que la mise sur pied d’une base de données pour surveiller les cas de disparitions et d’assassinats de femmes autochtones au pays.

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