Vingt ans après le verglas, les foyers seront davantage réglementés à Montréal

MONTRÉAL — Vingt ans après la crise du verglas, les foyers au bois et les poêles à combustion lente seront strictement réglementés à compter du mois d’octobre à Montréal.

Les Montréalais ne pourront plus utiliser de «combustibles solides» à moins que l’appareil n’émette pas plus de 2,5 grammes par heure de particules fines dans l’atmosphère — certification à l’appui.

Les autorités municipales ont adopté des mesures graduelles depuis une dizaine d’années lorsque la direction de la santé publique a commencé à sonner l’alarme sur les épisodes de plus en plus nombreux de smog dans la métropole. Santé Canada rappelle que le smog, particulièrement les particules fines, nuit aux fonctions respiratoires, cardiaques et sanguines.

André Bélisle, président du conseil de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, soutient d’ailleurs que la piètre qualité de l’air à Montréal certains jours de l’année est en partie un héritage de la «crise du verglas» de 1998. En procédant à un programme de recyclage des poêles à combustion lente, l’association a constaté qu’après 1998, de nombreux Montréalais avaient littéralement pris d’assaut les magasins de la province pour acheter ce type d’appareils afin de se préparer à une nouvelle crise. En 2009, on comptait ainsi environ 50 000 appareils de chauffage au bois à Montréal.

Les nouvelles normes d’émissions de particules fines à Montréal seront plus sévères que partout au Québec, déplore Chantal Demers, directrice générale de l’Association des professionnels du chauffage. Elle aurait aimé que Montréal aille moins vite.

Le gouvernement du Québec a adopté en 2009 une loi qui interdit la fabrication, la vente et la distribution d’appareils de chauffage au bois qui n’obtiennent pas la certification de l’Association canadienne de normalisation (CSA) ou de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA).

La même année, en 2009, la Ville de Montréal a adopté un règlement interdisant l’installation de tout appareil qui ne répond pas aux normes de l’EPA. Mais le conseil municipal est allé plus loin en 2015: à compter d’octobre prochain, la Ville de Montréal interdira aussi aux propriétaires d’appareils certifiés de les utiliser lors des épisodes de grand smog.

Les propriétaires de foyers non certifiés pourront les conserver, mais ils ne pourront plus les utiliser après le mois d’octobre — sauf si le courant venait à manquer pendant plus de trois heures. Les fours à bois des restaurants et des boulangeries — comme les célèbres fours à bagels du Mile-End — seront aussi exemptés du règlement municipal.

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Nous devons comme l’Europe valoriser les foyers de masse. Très écologique et performant, plusieurs municipalité vont même à exiger uniquement des foyers de masse sur leur territoire. Le foyer de masse ne contribue absolument pas au période de smug car il peut émettre que 1 gramme de particule par heure sur une période de trois heures par jour. Dommage que la ville de Montréal n’a pas une plus grande vision sur le sujet.

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