Violence conjugale: le DPCP porte en appel une décision d’absolution conditionnelle

MONTRÉAL — Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) portera en appel la décision d’un juge de la Cour du Québec qui a accordé l’absolution conditionnelle à un résidant de Gatineau qui a plaidé coupable de trois chefs de violence conjugale. 

«Après avoir avisé la victime, le DPCP confirme qu’il porte en appel la peine imposée à Joshua Schoo et qu’un avis d’appel a été déposé aujourd’hui», a écrit sur Twitter la porte-parole du DPCP, Me Audrey Roy-Cloutier, jeudi soir. 

Selon un jugement rendu le 27 juillet dernier, le Gatinois Joshua Schoo a reconnu avoir étranglé, menacé et causé des lésions à sa conjointe.

Les événements se sont déroulés le 6 mars 2021, alors que le couple vivait ensemble depuis 17 ans et avait quatre enfants.

Joshua Schoo avait débuté une relation extraconjugale et avait conseillé à sa femme d’en faire autant, alors qu’il cherchait un autre endroit où vivre, selon les faits énoncés dans le jugement. 

Or, lorsqu’elle lui a annoncé que c’était le cas, le 6 mars 2021, il l’a insultée et a jeté des choses hors de leur maison. Il était ivre, est-il précisé. Plus tard dans la soirée, il a tenté de l’étrangler avec ses mains et un oreiller. 

Les enfants ont été témoins des violences et leur fille de 13 ans a appelé la police. 

Le juge Serge Laurin lui a finalement accordé une absolution conditionnelle, précisant qu’il s’agit «événement isolé au cours d’un mariage de 17 ans, qu’il n’a pas été impliqué dans un schéma de violence domestique, mais que cet événement affecte la santé psychologique de (la victime) et de ses enfants». 

Joshua Schoo, qui travaille à la Ville d’Ottawa comme coordonnateur de l’entretien ou chef d’équipe, selon les saisons, risquait de perdre son emploi s’il avait un casier judiciaire. 

Cela aurait «un impact financier important sur ses enfants, (la victime) et lui-même», a ajouté le juge Laurin dans son jugement rédigé en anglais. 

Aussi, le juge a précisé qu’un casier judiciaire empêcherait Joshua Schoo «de rendre visite à sa sœur aux États-Unis et d’y passer des vacances avec ses enfants. De plus, cela l’empêcherait de faire des travaux communautaires à son église selon son révérend.» 

«La Cour dénonce le comportement répréhensible de M. Schoo décrit dans les faits et les conséquences sur (la victime) et ses enfants. La Cour espère qu’ils se rétabliront rapidement», indique le jugement. 

La victime a déclaré dans son témoignage avoir «cru qu’elle allait mourir» quand elle a vu son ex-conjoint avec l’oreiller, même si elle a admis «ne pas avoir manqué d’air». 

Le juge Laurin a finalement estimé «qu’il n’est pas dans l’intérêt public que M. Schoo perde son emploi et ne puisse assurer la subsistance de sa famille». Il a donc prononcé une absolution conditionnelle, avec une probation de trois ans et une interdiction d’être en contact avec la victime.

Le mois dernier, le DPCP a également fait appel d’une décision du juge Matthieu Poliquin qui a accordé une absolution conditionnelle à l’ingénieur Simon Houle après que celui-ci eut reconnu sa culpabilité à des accusations d’agression sexuelle et de voyeurisme. 

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