Visite à Taïwan: Trudeau souhaite une décision réfléchie des députés

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau affirme que son gouvernement veillera à ce que les députés tiennent compte de toutes les conséquences possibles d’un voyage commercial à Taïwan.

Le Comité permanent du commerce international de la Chambre des communes demande une approbation budgétaire pour effectuer cet automne une visite dans cet État insulaire, situé à l’est de la Chine.

Toutefois, il existe des craintes que ce périple vienne aggraver les tensions avec la Chine, qui a condamné une visite à Taipei de la présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, au début du mois.

La Chine considère l’île de Taïwan comme son territoire et Pékin a imposé des sanctions à Mme Pelosi en représailles à sa visite et a organisé des exercices militaires dans tout le pays.

M. Trudeau a déclaré vendredi que les députés prennent leurs propres décisions sur les études de leurs comités et les voyages qu’ils entreprennent.

«Il y a des réflexions importantes en cours en ce moment», a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse aux Îles-de-la-Madeleine.

M. Trudeau s’est inquiété de l’agressivité croissante de la Chine à l’égard de Taïwan, mais il se montre confiant quant au jugement du comité. 

«Je sais que le comité parlementaire va réfléchir attentivement avec tous les faits et toute l’analyse qu’ils vont recevoir pour prendre la bonne décision pour le Canada et pour le monde», a soutenu le premier ministre.  

En anglais, il a dit que son gouvernement veillera à ce que les parlementaires prennent la décision de voyager ou non en ayant pris en compte les conséquences et les impacts d’une telle visite. 

Le comité du commerce international espère visiter à la fois Taïwan et Singapour pendant une mission commerciale, bien que la Chambre des communes n’ait pas encore approuvé un budget pour ce voyage.

Le député néo-démocrate et membre du comité, Brian Masse, a soutenu plus tôt cette semaine que les Canadiens «doivent soutenir les autres démocraties qui se sont battues pour leurs droits et libertés».

Randy Hoback, député conservateur et vice-président du comité, a déclaré que les députés d’un « groupe d’amitié » parlementaire Canada-Taïwan avaient l’habitude de se rendre à Taïwan environ deux fois par an avant que la COVID-19 ne restreigne les déplacements.

M. Hoback a déjà visité l’île, située à environ 160 kilomètres au large des côtes du sud-est de la Chine, avec le groupe.

Mais cette fois, le député conservateur souhaite consulter Affaires mondiales Canada avant de faire le voyage. 

«Il n’y a aucune intention de ma part de contrarier la Chine», a-t-il assuré mercredi.

Lors de la visite de Mme Pelosi, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a exhorté la Chine à désamorcer les tensions, affirmant que les législateurs effectuent souvent des visites internationales et qu’elles ne devraient pas être utilisées pour justifier la décision de la Chine d’organiser des exercices militaires.

Une porte-parole de Mme Joly a affirmé plus tôt cette semaine que les associations parlementaires et les groupes d’amitié voyagent régulièrement et qu’elle respecte leur indépendance.

«Le Canada continue d’entretenir des liens commerciaux et interpersonnels solides et croissants avec Taïwan, a dit Emily Williams. Le Canada s’est engagé à maintenir les règles qui ont assuré la paix et la stabilité pendant des décennies, y compris dans toute la région indopacifique.»

Le Bureau économique et culturel de Taipei au Canada a fait valoir qu’il apporterait son «plein soutien» au comité parlementaire pour une visite qui permettrait de poursuivre les conversations sur des questions telles que le commerce et l’investissement, l’éducation et la technologie.

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