Vladimir Poutine s’insurge de l’adoption de la «loi Magnitski» au Canada

OTTAWA — Le président russe Vladimir Poutine accuse le Canada de s’adonner à «un jeu politique non constructif» avec l’adoption de sa propre loi Magnitski cette semaine.

Vladimir Poutine a exprimé ce commentaire lors d’un forum international tenu à Sotchi où il a répondu à un large éventail de questions.

L’ambassade de Russie à Ottawa a retransmis les déclarations du président Poutine sur son compte Twitter.

L’ambassade russe avait déjà fait savoir que l’adoption unanime de la loi Magnitski à la Chambre des communes causerait un tort irréparable aux relations entre le Canada et la Russie.

La Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus, aussi appelée loi de Sergueï Magnitski, cible tous les pays qui violent gravement les droits de la personne.

Ce nouveau régime de sanctions adopté par plusieurs autres pays, dont les États-Unis, est grandement inspiré du cas du sonneur d’alerte russe Sergueï Magnitski. Celui-ci est décédé dans une prison de Moscou, en 2009, après avoir accusé les autorités d’une fraude fiscale de 230 millions $.

«Qu’est-ce que je pense du fait que le Canada joigne ou souhaite joindre (le mouvement des lois Magnitski)? Il y a certains jeux politiques très contre-productifs à propos de choses, qui ne sont pas réellement ce dont elles ont l’air, et qui ne méritent pas qu’on s’agite autant», a déclaré Vladimir Poutine en réponse à une question d’un professeur de l’Université Carleton, Piotr Dutkiewicz, spécialiste de la Russie.

Le député libéral Bob Nault, président du Comité permanent des affaires étrangères et du développement international de la Chambre des communes, a soutenu plus tôt cette semaine que la Russie n’avait aucune raison d’interpréter cette loi comme une attaque à son endroit.

«À moins d’avoir une raison de se sentir visé?», a ajouté le député en entrevue à La Presse canadienne.