Vol de données personnelles des enseignants: pas d’excuses du gouvernement

QUÉBEC — Pas question pour le gouvernement Legault de présenter ses excuses aux nombreux enseignants dont l’identité a été spoliée en raison d’une faille de sécurité dans le réseau informatique de l’État.

C’est ce qu’a indiqué lundi le ministre délégué à la Transformation numérique, Éric Caire, qui ne peut d’ailleurs pas garantir que ce genre de délit ne se reproduira pas.

On apprenait la semaine dernière que grâce à une simple clé USB, la connaissance d’un code d’accès et d’un mot de passe, une gigantesque fraude a été orchestrée, dont les enseignants font les frais.

On sait que 51 400 enseignants se sont fait voler leurs données personnelles conservées sur les sites informatiques du gouvernement. Au total, cependant, la fraude pourrait s’étendre à 360 000 enseignants, en poste actuellement ou retraités.

En mêlée de presse, en marge du lancement de la cinquième édition de la Semaine NumériQC, le ministre Caire a rejeté le blâme sur le gouvernement précédent, refusant de présenter ses excuses au nom du gouvernement actuel.

«Est-ce que je vais m’excuser au nom de quelque chose que je n’ai pas fait? Non», a tranché le ministre, admettant ne pouvoir s’engager à ce «qu’il n’y en aura pas d’autres» fraudes du même genre à l’avenir.

«Le risque zéro n’existe pas» en ce domaine, a-t-il ajouté, précisant qu’il s’affairait tout de même à rendre le risque «acceptable», grâce à de meilleures pratiques.

Il assure que les contrôles informatiques ont déjà été resserrés depuis l’époque libérale.

Le ministre se fait rassurant pour dire que toutes les personnes lésées seront avisées de la fraude et informées «des mesures de protection dont elles vont bénéficier», dont une protection du dossier de crédit. 

Chose certaine, déjà, ce vol a eu des conséquences: «Il y a des cas avérés de vols d’identité», a reconnu M. Caire. 

Les précieuses données personnelles de tous ces employés de l’État, incluant la date de naissance et le numéro d’assurance sociale, ont été dérobées grâce à l’utilisation frauduleuse d’un mot de passe et d’un code d’accès, une information confirmée vendredi dernier par le Conseil du trésor dans un communiqué, à la suite d’une enquête menée par la Sûreté du Québec (SQ), enquête qui est toujours en cours.

Les premiers cas de vol d’identité visant des enseignants ont été signalés en avril 2018.

Depuis ce temps, la SQ mène son enquête. En mars 2019, deux hommes de Montréal ont été arrêtés en lien avec cette fraude.

Ces derniers jours, un des enseignants victimes de ce vol d’identité, François Charland, un professeur de mathématiques de Charlesbourg, en banlieue de Québec, a réclamé des excuses du gouvernement, dans une entrevue à Radio-Canada.

C’est en voulant contracter une hypothèque que M. Charland s’est rendu compte que plusieurs cartes de crédit avaient été commandées et numéros de cellulaires acquis en son nom.

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