Vols annulés: Ottawa semble peu enclin à forcer la main des transporteurs

Le gouvernement Trudeau ne semble toujours pas prêt à obliger les compagnies aériennes à rembourser les voyageurs dont les vols ont été annulés en raison de la pandémie de COVID-19, malgré les demandes des partis d’opposition.

Alors que WestJet a décidé de permettre à la plupart de ses clients de récupérer leur argent, conservateurs, bloquistes et néo-démocrates ont interpellé le ministre des Transports, Marc Garneau, jeudi à la période des questions aux Communes, en lui demandant quand Ottawa comptait forcer la main des transporteurs.

À trois reprises, celui-ci a répété que la décision de la compagnie albertaine annoncée la veille constituait un «pas dans la bonne direction», sans toutefois réclamer davantage.

«On encourage les autres (compagnies) aériennes à faire la même chose parce qu’on réalise que c’est important pour les consommateurs, a lancé M. Garneau. Les (sociétés) aériennes et les aéroports ont encaissé un dur coup, alors c’est pour cela que nous travaillons sur un plan d’ensemble pour s’assurer que l’on puisse venir à l’aide du secteur aérien.»

Depuis le début de la crise sanitaire, Air Canada, Transat A.T. et WestJet ont été ciblées par les critiques de la part des défenseurs des consommateurs et de milliers de passagers qui continuent à demander de pouvoir ravoir l’argent qu’ils ont fourni pour des services qu’ils n’ont jamais obtenus, plutôt que se voir offrir des crédits de voyage.

Certains changements apportés aux politiques des sociétés aériennes avaient permis des remboursements, mais la décision annoncée par WestJet mercredi semble ratisser plus large. La société albertaine communiquera avec ses clients admissibles — ceux dont le voyage a été annulé — à compter du 2 novembre. Les remboursements devraient s’échelonner sur six à neuf mois.

Transat A.T. n’a pas voulu commenter jeudi le changement de cap de WestJet. Air Canada a fait valoir, dans un courriel, qu’environ 1,2 milliard $ avaient été remis à des clients qui avaient acheté des billets à un tarif remboursable.

«Nous n’avons examiné aucune restriction ou exclusion possible de la politique de remboursement chez WestJet et nous ne pouvons pas dire si elle est, en fait, sensiblement différente, c’est-à-dire plus accommodante, que la politique de remboursement actuelle d’Air Canada», a souligné dans une note l’analyste Walter Spracklin, de RBC Marchés des capitaux, qui se spécialise dans le secteur des transports.

En date du 30 juin, les dépôts de clients totalisaient environ 2,4 milliards $. Chez Transat A.T., la somme totalisait 638 millions $ à la fin juillet.

Depuis le début de la pandémie, Ottawa a refusé, en dépit des nombreux appels à l’aide, de mettre sur pied un plan de relance spécifique au secteur de l’aviation. Aux États-Unis et dans plusieurs pays d’Europe, des milliards de dollars ont été offerts en prêts et en prise de participation dans les sociétés aériennes. L’aide a toutefois été assortie de plusieurs conditions.

Dans une entrevue au réseau CTV, dimanche, le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a ouvert la porte à un plan de sauvetage fédéral qui pourrait prévoir notamment l’achat d’actions de compagnies aériennes par Ottawa. Il a toutefois précisé qu’il y aurait des conditions strictes et que la question des crédits de voyage serait abordée.

Les transporteurs aériens canadiens ont toutefois reçu une nouvelle encourageante, jeudi, puisque tout indique qu’Ottawa et l’Alberta s’apprêtent à mettre sur pied un projet pilote de dépistage de la COVID-19 à l’aéroport de Calgary. Un résultat négatif devrait permettre aux voyageurs d’écourter leur période d’isolement obligatoire, qui est habituellement de 14 jours.

Cette initiative, qui doit débuter le mois prochain, a été accueillie favorablement par Air Canada et WestJet, dans des communiqués distincts.

 

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